Société

L’argent des Africains : Lise, chargée de recrutement dans une école en RD Congo – 1004 euros par mois

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Mis à jour le 09 mars 2016 à 13h00
Dans une rue de Kinshasa (photo d'illustration).

Dans une rue de Kinshasa (photo d'illustration). © Baudouin Mouanda pour J.A.

Lise* est responsable de recrutement et des stages dans une école à Kinshasa et gagne à ce titre 1004 euros par mois. Pour notre série, elle est revenue sur la manière dont elle utilise son argent. Portrait.

Voix rieuse, la trentaine, Lise est une Congolaise qui a du caractère et ne s’en cache pas. La jeune femme est responsable de recrutement et de stage dans une institution éducative publique au Congo et perçoit 1.004.183 francs congolais de salaire par mois, soit 1004 euros.

Dernière de sa fratrie, à l’université la jeune femme s’est tournée vers la psychologie du travail avant d’être embauchée à son poste en 2014. Bonne chrétienne, Lise tient à respecter les préceptes de la bible et réserve 1/10 de son salaire pour la dîme. Après avoir versé 100 euros à l’Église, il ne lui reste donc plus que 904 euros pour vivre.

Taxi : 91 euros

Pour se rendre à son travail, la Kinoise prend quotidiennement le taxi, qu’elle préfère aux transports en commun : « C’est un peu plus cher certes, mais au moins c’est plus confortable ». La maison familiale située dans la commune de Lemba, n’est pas proche de l’institution pour laquelle elle travaille. Ses allers-retours en taxi lui reviennent ainsi à 91 euros par mois.

Eau, électricité, câble et charbon de bois : 180 euros

Comme elle habite chez son père, un septuagénaire de 74 ans, elle ne paie pas de loyer. Lise consacre une grosse partie de son salaire aux frais de la maison qu’elle prend en charge. Son frère, ses deux sœurs et une cousine y vivent également.

La capitale congolaise fait très souvent l’objet de délestages électriques et de coupures d’eau. Aussi, sa facture mensuelle d’électricité s’élève à 9 euros ; quant à l’eau, la famille s’en procure en bidon. Elle consacre 3 euros par jour (à raison de 0,27 centimes le bidon) à l’achat de cette précieuse denrée, soit 90 euros le mois.

Il faut aussi négocier le prix du charbon de bois, un combustible destiné à la cuisine. Pour la provision du mois en plusieurs sacs, il faut compter 23 euros. Lise règle également la facture du câble pour la télévision (58 euros).

Femme de ménage et épargne : 256 euros

Très prise par son travail qui consiste à recruter de nouveaux élèves et à les encadrer pour l’école dans laquelle elle travaille, Lise n’est présente à la maison que les dimanches. Il a donc fallu embaucher quelqu’un, qu’elle rémunère à hauteur de 73 euros, pour s’occuper de ses frères et de son père vieillissant. À ses yeux, il est aussi important de mettre de l’argent de côté et elle s’arrange toujours pour placer 183 euros sur son compte épargne.

Denrées alimentaires, divertissement et imprévus : 377 euros

« A Kin’ (surnom affectueux donné à Kinshasa) la vie est chère », explique Lise qui, tous les jours paye les condiments nécessaires à la confection de l’un des principaux plats quotidiens congolais : le Liboke. Les dépenses liées à l’alimentation peuvent aller jusqu’à 300 euros le mois puisqu’ils sont six à vivre sous le même toit. Quant aux distractions, Lise privilégie les endroits calmes pour décompresser du stress accumulé pendant son travail : « Je démarche beaucoup d’entreprises pour trouver des stages à nos étudiants, à terme c’est assez usant », souffle-t-elle.

Par ailleurs, elle n’hésite pas à sortir les samedis avec son compagnon ou ses amis pour se retrouver à la terrasse du Planet Solo, une discothèque de la place appartenant à un de ses amis. Elle dépense une cinquantaine d’euros pour des besoins divers comme la coiffure ou les vêtements et le reste de l’argent passe généralement dans des imprévus.

Même si elle se dit satisfaite de son travail actuel, et de l’aspect relationnel gratifiant de celui-ci, Lise est aussi une jeune femme ambitieuse qui veut rapidement gravir les échelons de sa hiérarchie ou encore s’installer à l’étranger : « J’aimerais bien aller travailler ailleurs, dans un autre pays pourquoi pas ? De toute façon à part ma famille, je n’ai aucune attache ici », estime-t-elle.

*Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressée.

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Si vous souhaitez participer à notre série, écrivez nous à argentdesafricains@jeuneafrique.com

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