Bourse

Bourse : des fonds étrangers à rassurer

| Par

Après une année difficile, les places subsahariennes devraient de nouveau attirer les investisseurs anglo-saxons.

L’an passé, les fonds d’investissement ont déserté les Bourses d’Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud), préférant se concentrer sur les places asiatiques. Un choix judicieux puisqu’ils ont doublé leurs mises en 2009, profitant d’un rebond après la crise. Ainsi, depuis un an, ils ont bénéficié d’une hausse de 94 % à Bombay et de 104 % à Shenzhen. Mais aujourd’hui, les perspectives de ces places sont moins prometteuses et un changement de cap est amorcé : direction l’Afrique.

« Les grands fonds vont se tourner vers les marchés frontières [les Bourses de pays moins avancés] comme les Bourses africaines, hors Maghreb et Afrique du Sud », avance Cyrille Nkontchou, président de la société d’information boursière Liquid Africa. Une aubaine pour ces places, qui ont souffert l’an dernier : – 25 % à Abidjan, – 34 % à Lagos et record mondial à Accra avec – 49 %.

Perspectives plus favorables

Reste à savoir si ces investisseurs ne vont pas être freinés par les faiblesses structurelles des Bourses d’Abidjan, Lagos, Douala, Accra et Nairobi. Car si les analystes sont unanimes à reconnaître le potentiel de croissance des valeurs qui y sont cotées, ils font également valoir leur manque de liquidité, leur environnement économique et politique fragile et l’instabilité de certaines monnaies. « À la Bourse régionale des valeurs mobilières [BRVM] d’Abidjan, certains fonds anglo-saxons ont voulu sortir du marché mais n’ont pas toujours pu vendre, faute de liquidité suffisante. Ce problème loin d’être réglé, ils rechignent encore à réinvestir. Et même si des valeurs comme la Sonatel devraient prendre au moins 10 % à la BRVM d’Abidjan cette année, les investisseurs locaux sont toujours trop peu nombreux », explique Gabriel Fal, président de la société d’intermédiation boursière CGF.

Copyright JA 2010

À Abidjan, indique Luca Del Conte, de MediCapital Bank, « le régulateur doit favoriser fiscalement l’investissement privé pour augmenter les volumes et la liquidité ». Une place où le marché est biaisé par l’émission d’obligations publiques fiscalement alléchantes. « Une solution de facilité », juge Gabriel Fal, pour qui les États ouest-africains devraient plutôt doper le marché des actions et les obligations privées. Si le problème de liquidité est moins criant sur les places plus spéculatives de Lagos et Accra, les investisseurs étrangers y sont confrontés à des monnaies fluctuantes : le cédi ghanéen a perdu en un an plus de 13 % de sa valeur en euros, et le naira nigérian près de 10 %.

« Au Nigeria, si la restructuration du secteur bancaire se conclut par un assainissement, la Bourse de Lagos, pour moitié capitalisée par des banques, pourrait repartir à la hausse », juge Cyrille Nkontchou. Et si les élections en Côte d’Ivoire se tiennent bien en 2010, l’indice de la BRVM, composé majoritairement de valeurs ivoiriennes, devrait aussi en profiter. Du côté de Nairobi, le retour au calme dans le pays en 2009 devrait faire revenir les investisseurs.

Enfin, le secteur agricole pourrait reprendre des couleurs. « Après avoir perdu en 2009 plus de 40 % de sa valeur sur les Bourses d’Abidjan et d’Accra, il devrait profiter à la fois de la demande intérieure et de celle des pays asiatiques », indique Paul-Harry Aithnard, d’Ecobank. 

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3102p001_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer