Bourse

Maroc : avalanche d’avertissements sur résultats à la Bourse de Casablanca

Une seule introduction a eu lieu à la Bourse de Casablanca, au Maroc, en 2015. © Alexandre Dupeyron pour Jeune Afrique

Les alertes sur résultats se multiplient en cette saison de publication de résultats annuels. Les sociétés redoutent la sanction de l’autorité de marché, mais leurs annonces ne font pas souvent trembler le marché. Pour le moment...

 

Pas moins de 10 sociétés cotées à la Bourse de Casablanca ont publié, au cours de ces trois derniers mois, des communiqués d’avertissements sur résultats (profit warning). Question de préparer la communauté financière quant au recul de leurs bénéfices, au titre de l’exercice 2015.

Répercussions sur le cours

La première société à avoir ouvert le bal des mauvaises nouvelles à l’adresse du marché est Maghreb Oxygène. Et elle s’y est prise bien à l’avance. Le 3 décembre 2015, la filiale du groupe Akwa prévenait qu’elle allait avoir du mal à encaisser des créances. « Eu égard aux sérieuses difficultés rencontrées par le raffineur, Samir, et en l’absence de visibilité quant à un éventuel plan de reprise le concernant, les résultats de la société seront essentiellement grevés par le provisionnement des créances », pouvait-on lire dans ce premier profit warning de la saison.

Le 17 février, les premiers indicateurs financiers concernant l’exercice 2015 rendus publics par Maghreb Oxygène, viennent confirmer les appréhensions de la société : le bénéfice net est en repli de -27 %, en raison de provisionnement de créance « dont le recouvrement reste improbable ». Entre temps, le cours de la société cotée à Casablanca a fondu d’environ -20 %.

Depuis, ce sont une dizaine de communiqués qui se sont enchaînés sur la place casablancaise. « Mais ils ne se traduisent pas nécessairement par une correction du cours sur le marché », constate un trader. Exemple avec le cas du sidérurgiste Sonasid qui, le 22 février, a indiqué à ses actionnaires que son chiffre d’affaires allait chuter de -17 % en 2015, suite à la baisse des prix et des volumes des ventes.

Sur les lignes de cotation, la valeur Sonasid n’a perdu depuis que -7 %. Une baisse limitée par rapport à la dépréciation de -39 %, constatée depuis début décembre quand les analystes de la place ont commencé à anticiper la contreperformance de la sidérurgie.

Sanctions et réglementations

Si les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca recourent de plus en plus à la publication de profit warnings, c’est par crainte de sanctions de la part de l’autorité du marché.

L’année dernière, le gendarme de la Place casablancaise – le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) rebaptisé Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) – avait sévi contre 11 sociétés qui n’avaient pas publié ou avaient tardé à publier des avertissements sur les résultats.

Des sanctions pécuniaires avaient été prononcées allant de 7 000 dirhams à 89 000 dirhams (8 240 euros) selon les cas. Pourtant, la réglementation actuelle reste assez vague quant aux conditions dans lesquelles un profit warning devient une obligation légale.

Les lois régissant le marché exigent des entreprises cotées d’informer le public de tout événement pouvant avoir une incidence sur « ses prévisions précédemment annoncées, un historique des réalisations ou un consensus établi par les analystes de la place ». Les investisseurs sur le marché aimeraient plus de précisions pour ce type d’alertes sur résultats. Une évolution réglementaire qu’attendent les acteurs du marché maintenant que l’autorité de régulation dispose de plus de pouvoirs.

Ce sera sans doute un des dossiers prioritaires de Nezha Hayat, tout récemment nommée à la tête de l’Autorité marocaine des marchés de capitaux.

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