Télécoms

Zain change de cap

| Par Jeune Afrique

En cédant 46 % de son capital, l’opérateur koweïtien semble renonce à céder ses actifs africains mais récupère 13,7 milliards de dollars en cash.   Les nouveaux actionnaires du koweïtien: le malaisien Al-Bukhari et l’Indien Vavasi © Stephen Dorey/Abipp/Alamy/Foto12

 À défaut de vendre ses actifs africains, l’opérateur koweïtien Zain a créé la surprise en cédant 46 % de son capital. A priori, aucun rapport entre les deux opérations… sauf à regarder de plus près du côté du tiroir-caisse. « La cession de parts répondrait-elle à un besoin urgent des actionnaires de Zain de réaliser une plus-value ? », s’interroge Albert Fondop-Fonkam, président de Fonsali & Cie, spécialisé dans les opérations de banques d’affaires.

Le 31 août dernier, Zain a changé de cap, supprimant les dispositions qui limitaient la participation d’investisseurs étrangers à 5 % de son capital. Une décision rapidement suivie de faits puisque, le 8 septembre, Bader al-Khorafi, dirigeant du groupe du même nom et plus gros actionnaire privé de l’opérateur, précisait le montant de la transaction (13,7 milliards de dollars), les noms des investisseurs (le malaisien Al-Bukhari Group et les indiens Vavasi Group, BSNL et MTNL) et l’échéance de la vente d’ici à quatre mois. Bigre ! À croire qu’il y a urgence.

Coïncidence ? Les 13,7 milliards de dollars en jeu sont proches de ce qu’exigeait Zain pour ses actifs africains (12,5 milliards) qu’il peinait visiblement à vendre, qualifiés de « trop chers » selon un analyste. Surtout, ces actifs nécessitent une vaste et coûteuse restructuration managériale. Car si l’Afrique subsaharienne représente 60 % de l’ensemble des abonnés de Zain, elle ne génère que 10 % de sa rentabilité. « C’est une zone qui consomme beaucoup de capitaux », explique le patron de Fonsali & Cie, obligeant le koweïtien à débourser plus de 12 milliards de dollars depuis 2005.

Toutes les options ouvertes

En attendant, la question des accords, notamment de gouvernance, conclus en coulisse entre les actionnaires koweïtiens et les nouveaux arrivants reste ouverte. « Les Indiens ont un savoir-faire sur les marchés à faible Arpu [chiffre d’affaires mensuel moyen réalisé par client, NDLR] », souligne Albert Fondop-Fonkam. Dans ce contexte, les Koweïtiens continueraient de piloter la zone Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord), dont ils sont familiers, et délégueraient l’Afrique subsaharienne à leurs alliés indo-malaisiens. Et dans l’hypothèse d’un divorce entre eux, qui provoquerait une scission des actifs, chacun pourrait conserver sa zone d’excellence… « Toutes les options sont ouvertes », résume le patron de Fonsali & Cie.

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