Société

Cameroun – Hugo Broos : « Je suis sévère, j’aime la discipline et j’ai l’habitude de la pression »

Mis à jour le 3 mars 2016 à 16:09

Hugo Broos en septembre 2005 en Belgique, lorsqu’il était l’entraîneur du KRC Genk. © YVES LOGGHE / AP / SIPA

À 63 ans, le Belge Hugo Broos a été choisi pour entraîner Cameroun, un peu à la surprise générale. Vainqueur de nombreux titres, remportés notamment avec le FC Bruges et Anderlecht, l’ancien défenseur des Diables rouges de Belgique revient sur sa nomination et expose son projet.

Jeune Afrique : Personne ne s’attendait vraiment à ce que vous soyez intronisé sélectionneur du Cameroun. Comment cela s’est-il passé ?

Hugo Broos : Comme d’autres entraîneurs, j’avais postulé pour succéder à Volker Finke. D’ailleurs, j’avais déjà envoyé ma candidature il y a trois ans, avant que Finke ne soit choisi.

Avant même de débuter, vous êtes déjà critiqué, une partie de la presse et de l’opinion publique estiment que vous n’avez pas le statut pour entraîner les Lions Indomptables. Comment avez-vous vécu ces attaques ?

Je sais comment cela fonctionne. Aujourd’hui, aux yeux de certains, je suis le plus mauvais entraîneur du monde. Et si on gagne les deux matches face à l’Afrique du Sud fin mars en qualifications pour la CAN 2017, je serais le meilleur… J’ai un palmarès comme entraîneur [trois titres de champions de Belgique et deux coupes, NDLR]. On dit que je n’ai quasiment aucune expérience de l’Afrique [Broos a entraîné Hussein Dey et la JSK en Algérie, NDLR], que je n’ai jamais dirigé une sélection… Il y a beaucoup de pression autour du poste de sélectionneur du Cameroun. Mais j’ai travaillé dans deux des meilleurs clubs belges, puis en Grèce, en Turquie, en Algérie. Alors, la pression, j’en ai l’habitude…

Le Cameroun n’a plus obtenu de résultats depuis sa victoire lors de la CAN en 2002. Quelle méthode souhaitez-vous appliquer ?

D’abord, je suis un entraîneur qui aime le jeu offensif, mais je ne néglige pas l’importance d’une bonne base défensive. Je suis plutôt du genre sévère. J’aime la discipline, sans quoi c’est difficile d’avoir des résultats. Je veux m’inspirer au Cameroun de ce qui a été fait en Belgique. Dans mon pays, pendant plusieurs années, les joueurs venaient en sélection sans grand enthousiasme, parce que ce n’était pas très organisé. Depuis cinq ou six ans, un nouveau cadre a été établi par Marc Wilmots, le sélectionneur, et aujourd’hui, la Belgique fait partie des meilleures équipes d’Europe. Au Cameroun, il faut faire la même chose. Tout doit être fait que les joueurs et le staff travaillent dans un cadre professionnel, sans avoir à se soucier des questions d’organisation, de primes, etc. Tout devra être réglé en amont. Je serai très clair sur ce point. Quant à moi, je passerai plus de la moitié de mon temps au Cameroun, afin notamment de suivre le championnat local.

À l’approche des deux matches face à l’Afrique du Sud (26 et 29 mars), peut-on s’attendre à quelques nouveautés dans la liste que vous publierez prochainement ?

Non. Ces deux matches, qui peuvent nous permettre de presque valider notre qualification, ne doivent pas servir à faire des essais. Nous verrons plus tard si cela est nécessaire. Je vais m’appuyer sur la base de l’équipe, même si certains joueurs ont peu de temps de jeu en club, ce qui, à terme, peut devenir un problème.