Économie

Drogues : augmentation de la consommation d’héroïne et de cocaïne en Afrique

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Mis à jour le 02 mars 2016 à 19h37
Les trafiquants sud-américains ont investi le continent africain pour faire remonter la poudre blanche jusqu’en Europe.

Les trafiquants sud-américains ont investi le continent africain pour faire remonter la poudre blanche jusqu’en Europe. © Francois Mori/AP/SIPA

Le continent africain demeure « l’une des principales zones de transit » du trafic de drogues l’échelle mondiale, et sa classe moyenne en expansion est un nouveau débouché pour les trafiquants, selon le rapport annuel de l’Organisation internationale de contrôle des stupéfiants (OICS), publié le 2 mars.

Augmentation de la consommation en Afrique de l’Ouest

« Les trafiquants en quête de nouveaux marchés illicites où écouler la cocaïne et l’héroïne ciblent la classe moyenne qui se développe dans certains pays africains », indique le rapport de l’Organisation internationale de contrôle des stupéfiants (OICS), publié le 2 mars.

En règle générale, l’organisation fait ainsi état d’ »une augmentation de l’usage illicite de drogues en Afrique de l’Ouest », à cause de l’intensification du trafic dans la sous-région. Un phénomène qui s’étend au reste du continent et s’applique aussi au trafic d’héroïne. Au Kenya où les autorités ont saisi 387 kilos d’héroïne en 2014, du fait qu’elle transite par le pays, l’héroïne est « devenue l’une des drogues les plus consommées dans le pays, après le cannabis ».

L’Afrique de l’Est une plaque tournante

Pour autant, « l’Afrique demeure l’une des principales zones de transit du trafic de drogue ». Les vols commerciaux représentent le mode de transport privilégié pour le trafic de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe via l’Afrique, qui s’est « globalement accru ». En 2014, 120 kilos de cocaïne ont ainsi été saisi à l’aéroport de Lagos et 221 kilos à l’aéroport international de Lomé.

L’Afrique de l’Est sert particulièrement de plaque tournante pour le trafic d’héroïne en provenance d’Afghanistan et à destination de l’Europe. Les modes d’acheminement ont quelque peu changé. Selon les autorités kenyanes, l’héroïne est acheminée vers le pays dans de gros navires qui jettent l’ancre en haute mer, avant d’être déchargée sur des embarcations plus petites, comme des bateaux de pêche ou des vedettes rapides.

En Afrique du Nord, les saisies d’héroïnes ont également considérablement augmenté, comme en Égypte où elles sont passées de 260 kilos en 2014 à 613 à 2014.

L’Afrique de l’Ouest, zone de production de drogue de synthèse

L’Afrique de l’Ouest est en outre devenue une zone de production de drogues de synthèse comme la méthamphétamine, qui est introduite clandestinement en Asie de l’Est et du Sud-Est, alors que jusqu’à ces dernière année, la sous-région ne jouait « pas un rôle très important » sur ce marché.

Entre 2011 et juillet 2015, 10 laboratoires clandestins de fabrication de méthamphétamine ont été démantelés au Nigeria. « Avec l’augmentation du trafic en ligne, il est plus difficile pour les services de détection et de répression d’identifier les propriétaires et utilisateurs de sites web se livrant au trafic de précurseurs chimiques ».

Le Maroc toujours un des plus gros producteurs de résine de cannabis

Phénomène constant, « le Maroc reste l’un des plus gros producteurs de résine de cannabis au monde et continue de fournir l’Europe », souligne par ailleurs le rapport qui fait état toutefois d’une diminution « notable » des saisies signalées par les autorités (de 137 tonnes en 2012 à 70 tonnes en 2014). En revanche, celles-ci « ont augmenté dans d’autres pays d’Afrique du Nord », notamment en raison des gros volumes saisis en Algérie et en Égypte en 2013.

« Si la production illicite de résine de cannabis se concentre dans un nombre restreint de pays d’Afrique du Nord, celle d’herbe concerne tout le continent ». Ainsi, « le Nigeria est un des pays d’origine du cannabis à destination de la Chine », signale l’OICS. En 2014, 4529 ha de terres servant pour la culture illicite de cannabis ont été détruites dans le pays, « une augmentation spectaculaire » par rapport à 2013 (847 ha).

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