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Cet article est issu du dossier «Les francs-maçons africains au pied du mur»

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Politique

Côte d’Ivoire : quand le frère Mba Obame se faisait messager

André Mba Obame est décédé en avril 2015 à Yaoundé. © Vincent Fournier/J.A.

Bien que nombre de chefs d'État francophones s'y côtoient, les Loges africaines apparaissent toujours comme un lieu de pouvoir occulte et semblent impuissantes à désamorcer les conflits qui déchirent le continent. Zoom sur un épisode survenu en 2010, à quelques mois de la présidentielle en Côte d'Ivoire.

Contrairement à celle de ses prédécesseurs Henri Konan Bédié et Robert Gueï, tous deux initiés, la présidence de Laurent Gbagbo n’a pas été une période faste pour la diplomatie souterraine des « frères trois points ». Profane, le chef de l’État était proche des églises pentecôtistes farouchement antimaçonniques, à l’instar de la Shekinah Glory Ministries, l’Église fondée par son conseiller, le pasteur Moïse Koré.

Gbagbo s’est coupé de l’obédience ivoirienne, qu’il a renoncé à contrôler. Pour les frères, organiser des pourparlers informels avec le camp présidentiel n’était pas une sinécure. En 2010, à quelques mois de la présidentielle ivoirienne, le frère gabonais André Mba Obame – perdant de l’élection de 2009 face à Ali Bongo Ondimba – se rend à Abidjan sur l’invitation du président ivoirien sortant.

D’intercessions en intercessions

Il en profite pour rencontrer discrètement, sur le parking de l’hôtel Ivoire, Guillaume Soro. Celui-ci lui confie qu’il est déçu que Gbagbo ne lui ait encore rien proposé de concret en cas de victoire, raison pour laquelle il a décidé de se rapprocher d’Alassane Dramane Ouattara. Seul hic : ADO étant originaire du Nord comme lui, le poste de Premier ministre ne lui sera jamais confié. Mba Obame transmet le message à Laurent Gbagbo, qui ne donnera pas suite.

Les frères auront une autre occasion de s’ingérer dans la politique ivoirienne. À la suite de la crise postélectorale et du transfèrement à La Haye de Laurent Gbagbo, les relations entre Yamoussoukro et Luanda se tendent. L’ancien président ivoirien était un proche de José Eduardo dos Santos. Les frères ivoiriens, de retour dans la sphère présidentielle, demandent alors à Denis Sassou Nguesso, qui a de bonnes relations avec son homologue angolais, d’intercéder pour rapprocher les deux chefs d’État. L’affaire est toujours en cours…

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