Culture

Jazz à Carthage 2016 : un beau programme pour un festival qui a pourtant le blues

Le festival Jazz à Carthage dévoile son programme © Pixabay

Selah Suh, Melody Gardot, Raul Midon ou encore Charlie Winston font partie des artistes annoncés à l’affiche du festival international Jazz à Carthage. Un rendez-vous très attendu chaque année par les adeptes de la musique, mais qui peine de plus en plus à s’organiser, déplore son directeur.

Une programmation jeune et éclectique

Les mélomanes de tous âges et de tous horizons ont rendez-vous du 8 au 16 avril 2016 pour (re)découvrir des artistes Tunisiens mais aussi des talents du monde à la renommée internationale.

Annoncés mardi par les organisateurs du festival, 17 artistes seront présents au Carthage Thalasso Resort avec un répertoire éclectique, mélangeant jazz, soul, hip-hop et funk. « Jazz à Carthage atteint l’âge de raison après avoir passé le cap de la décennie, et entame une seconde décade sans prendre une ride ! Bien au contraire, c’est une cure de jouvence qu’il s’accorde. (…) Place à la ‘new generation’ pour cette onzième édition », peut-on lire sur le site du festival.

Sur scène, se succéderont donc pendant 8 jours : Selah Suh (Belgique), Electro DeLuxe (France), Amal Cherif (Tunisie), Charlie Winston (Royaume-Uni), Benjamin Siksou (France), The Hillbilly Moon Explosion (Suisse), Raul Midon (États-Unis), Terence Blanchard (Etats-Unis), Tosca (Italie), Amine & Hamza (Tunisie), Omar El Ouaer (Tunisie), José James (Etats-Unis), Kompost 3 (Autriche), Okan Ersan & Istanbul Superband (Turquie), Robyn Bennett & Bang Bang (États-Unis), et Melody Gardot (Etats-Unis).

Entre excitation et inquiétudes en coulisses

La vente en ligne des billets a commencé dès aujourd’hui, et les organisateurs espèrent faire salle comble, la salle pouvant accueillir jusqu’à 1500 personnes.

Contacté par Jeune Afrique, le directeur du festival Mourad Mathari explique que les artistes ne se sont généralement pas fait prier pour venir se produire en Tunisie cette année : « Ceux qui sont venus les années précédentes en ont gardé de très bonnes impressions, ils ont laissé des commentaires très positifs sur les réseaux sociaux, ce qui a encouragé certains artistes à venir, et même à nous contacter d’eux-mêmes ! »

Pourtant, cet événement avait failli être annulé en 2015 à cause de l’attaque du musée du Bardo, survenue le 18 mars et ayant causé la mort de 21 touristes. Cinq artistes à l’affiche avaient annulé leur participation, mais les organisateurs étaient déterminés à faire triompher l’art et la culture. Pour cette nouvelle édition, Mourad Mathari se veut rassurant quant à la sécurité des lieux, prise très au sérieux, « comme à chaque fois ».

Ce qui l’inquiète plutôt, c’est la survie de son festival, progressivement affaibli par de nombreux obstacles administratifs et financiers. « Le festival et autres initiatives culturelles privées sont en danger. C’est difficile de survivre, mais tout ça, les gens ne le voient pas… » Principal problème, selon lui : le ministère de la Culture tunisien. « Nous sommes probablement le seul pays au monde à avoir pour rival le ministère de la Culture ! »

Un bras de fer public/privé

Une ironie qui peut prêter à sourire, mais contre lequel plusieurs voix s’élèvent depuis quelques années déjà. Une pétition avait d’ailleurs été lancée en mai dernier pour demander « la révision des procédures d’organisation de festivals privés ».

Entre le nombre important de documents demandés pour l’arrivée de chaque artiste étranger, la difficulté d’obtenir les autorisations gouvernementales, « comme s’il s’agissait de produits prohibés », et le manque d’aides financières de la part de l’État, les festivals privés seraient en effet en voie de disparition, déplore le directeur de Jazz à Carthage. Et comme pour ajouter à cette « rivalité », le festival des Journées Musicales de Carthage (JMC), organisé sous le patronage du Ministère de Culture et de Sauvegarde du patrimoine en Tunisie, aura lieu cette année du 9 au 16 avril 2016, en même temps que Jazz à Carthage. « Toutes ces contraintes administratives et budgétaires sont un vrai coupe-gorge, et chaque année c’est encore plus difficile. Mais on reste déterminés et passionnés et on attend avec impatience le début de cette nouvelle édition. »

Rendez-vous donc en avril, envers et contre tout.

 

 

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