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Banque : la Mauritanie encore plus loin du compte

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Si le marché bancaire mauritanien est très étroit, la venue d’opérateurs étrangers fait bouger les lignes. Derniers arrivés : le qatari QNB et le marocain Attijari.

Le secteur bancaire mauritanien serait-il entré en phase de décollage ? Certes, le taux de bancarisation restait encore sous la barre des 5 % (avec 215 000 comptes ouverts) fin 2010. Cependant, le paysage s’est enrichi de 6 nouvelles agences (désormais au nombre de 84). Et, surtout, deux nouveaux opérateurs ont été agréés en 2010 et ont démarré leurs activités en 2011 : Attijari Bank Mauritanie (ABM), né du rachat de BNP Paribas Mauritanie par les marocains Attijariwafa Bank et Banque populaire du Maroc, ainsi que la banque d’affaires qatarie QNB (ex-Qatar National Bank). De quoi doper un peu plus un marché déjà remué par l’arrivée de Société générale (et de BNP Paribas) en 2007. « La sous-bancarisation a tendance à se réduire, confirme Hassen Ouastani, directeur général d’Attijari Bank Mauritanie. Le nombre de comptes a progressé de 18,1 % de 2007 à 2008 et de plus de 30 % de 2008 à 2009. »

Les établissements familiaux, contrôlés par des opérateurs locaux, restent dominants.

Si les banques familiales – Banque pour le commerce et l’investissement (BCI), Banque mauritanienne pour le commerce international (BMCI), Banque nationale de Mauritanie (BNM) et Générale de banque de Mauritanie (GBM) -, contrôlées par des opérateurs locaux, restent dominantes, avec une part de marché de 61 % sur les dépôts et de 72 % sur les agences, les lignes se redessinent. « Il n’y a pas si longtemps, BMCI avait quasiment toute la clientèle des salariés, mais Société générale lui en a désormais pris une bonneEvolution du nombre de comptes part », explique un banquier.

Le groupe français a développé des solutions adaptées au grand public, comme la Carte Salaire, une carte de retrait qui permet à l’entreprise de régler son employé par un transfert. « Nous avons également été les premiers à proposer des cartes Visa pour les locaux », ajoute Bastien Ballouhey, président du conseil d’administration de Société générale Mauritanie (SGM).

Culture cash

Le marché n’en reste pas moins difficile. « Ici, c’est la culture cash qui règne en maître, dans une économie où le secteur informel est extrêmement important, souligne un banquier. En outre, la population active disposant de revenus est limitée aux villes, principalement Nouakchott et Nouadhibou. Tout l’enjeu pour les nouveaux entrants est de développer des produits ou des modes de distribution qui permettront de répondre à ces défis. »

Outre auprès des salariés, la concurrence se fait également de plus en plus vive auprès des commerçants importateurs et de la filière pêche. Dans ce domaine, Société générale et Attijari Bank Mauritanie possèdent l’avantage d’appartenir à de grands groupes internationaux. « Nous tirons profit de la présence de notre groupe dans les pays limitrophes de la Mauritanie [Maroc, Mali et Sénégal], car cela nous permet de favoriser les échanges et le négoce des opérateurs mauritaniens dont le savoir-faire dans ce domaine n’est plus à démontrer », confirme Hassen Ouastani.

La filière mines constitue également une source d’affaires croissante, même si le géant public, la Société nationale industrielle et minière (Snim), boucle ses principaux financements avec des banques internationales. « L’opérateur de la mine d’or de Tasiast, Kinross, et la Mauritanian Copper Mines font travailler les banques locales », se réjouit Mohamed Ould Sidi Oumar, directeur des relations clientèle de la Banque pour le commerce et l’investissement en Mauritanie (Bacim Bank), filiale du groupe ouest-africain Oragroup. Le développement des infrastructures devrait également permettre aux banques étrangères d’augmenter rapidement leurs opérations.

En tout cas, le dernier arrivé, Attijariwafa Bank, se réjouit déjà de ses bons résultats : « En dix mois d’activité, les crédits à l’économie ont progressé de 53 %, souligne Hassen Ouastani. Les dépôts ont évolué de 25 % et le nombre de clients de 61 %. » Une preuve du nouveau dynamisme du marché.

Faiblesses et signes de reprise

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