Banque

Togo : la privatisation des banques avance

Dix préqualifiés pour la reprise de quatre banques publiques togolaises doivent être désignés ce mois-ci. Les noms des élus seront connus avant fin 2011.

Lancé en 2008, le processus de privatisation de quatre banques publiques au Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape : celle de la préqualification des candidats à la reprise. Sur treize postulants qui se sont manifestés entre août et début septembre, près de dix devront être retenus d’ici à la fin du mois. Ceux-ci passeront ensuite à l’offre financière et technique. Et avant la fin de l’année, l’Union togolaise des Banques (UTB, détenue à 100 % par l’État), la Banque togolaise pour le commerce et l’industrie (BTCI, 83,52 %), la Banque togolaise pour le développement (BTD, 53 %) et la Banque internationale pour l’Afrique au Togo (BIA Togo, 68,79 %) devraient avoir de nouveaux propriétaires.

« L’étape de manifestation d’intérêt est un succès », affirme une source proche du dossier. Presque tous les groupes actifs dans la sous-région et qui se sont portés candidats devraient être retenus pour l’étape des offres financières et techniques : Ecobank, BGFI Bank, Afriland First Bank, Orabank… Les noms des marocains Attijariwafa Bank et BMCE, via sa filiale Bank of Africa (BOA), circulent déjà comme d’éventuels repreneurs. Et, d’après nos informations, les français Société générale et BPCE – qui a racheté en juillet la majorité (51 %) de Banque Atlantique Côte d’Ivoire – sont également en lice.

Retour des bénéfices

L’UTB, la BTCI, la BIA Togo et la BTD ont respectivement réalisé en 2010 un total de bilan d’environ 230 millions, 190 millions, 120 millions et 115 millions d’euros. « Désormais débarrassées de leurs actifs non productifs, ces banques sont bénéficiaires et ont l’avantage de disposer d’un réseau bien implanté dans le pays », ajoute la même source. Plombés par le non-remboursement des crédits qu’ils avaient accordés aux filières coton et phosphate tenues par l’État, mais aussi par des défaillances dans leur gouvernance, ces établissements ont été débarrassés en 2009 de leurs actifs toxiques, estimés à plus de 134 millions d’euros par Lomé. Selon un document de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le ratio Cooke, qui mesure la solvabilité d’une banque, est passé, pour l’ensemble de ces institutions, de – 4,1 % en septembre 2008 à 14,4 % au 31 décembre 2010. Avant qu’elles deviennent publiques, l’UTB était notamment détenue par le Crédit Lyonnais, la BTCI par la BNP et la BIA Togo par la Belgolaise. Désormais, le retour au privé devrait leur permettre de prendre un nouveau départ. 

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