Banque

Guinée équatoriale : nouvelles banques, nouveaux services

Arrivée de grands groupes, ouvertures d'agences, développement de la monétique… Le secteur s'étoffe et se modernise.

Jusqu’en 2010, quatre banques commerciales étaient présentes dans le pays. La doyenne, la Caisse commune d’épargne et d’investissement en Guinée équatoriale (CCEI-Bank GE), filiale du groupe camerounais Afriland First Bank, a ouvert ses portes en 1994. Quatre ans plus tard, elle était rejointe par la Société générale de banques en Guinée équatoriale (SGBGE), filiale de la française Société générale.

En 2001 s’implantait la BGFI Bank Guinée équatoriale, filiale de la Banque gabonaise et française internationale (BGFI), et, en 2006, la Banco Nacional de Guinea Ecuatorial (Bange), à capitaux philippins et équato-guinéens. En 2010, la marocaine Attijariwafa Bank et le groupe panafricain Ecobank étaient autorisés à s’installer dans le pays.

Nouvelles cibles

De quoi accroître la concurrence. Néanmoins, le marché reste porteur, le taux de bancarisation étant encore faible. Actuellement, l’essentiel de la clientèle se compose de grandes entreprises, de particuliers – surtout de fonctionnaires – et d’une poignée de PME. « Beaucoup d’Équato-Guinéens n’ont pas de compte bancaire, et de nombreux salariés du privé sont payés en liquide », souligne Bruno Massez, le directeur général de la SGBGE.

Un gisement de clients reste donc à explorer. « On peut gagner des parts de marché dans le retail », estime Massez. L’implantation d’agences à l’intérieur du pays s’est amplifiée au cours des deux dernières années. Après avoir ouvert, début 2011, une agence à Luba, le port de logistique pétrolière sur l’île de Bioko qui attire de plus en plus de compagnies, la Bange prévoit d’implanter en août prochain une deuxième agence à Bata, qui redouble d’activité avec les grands chantiers en cours dans le Rio Muni. 

Visa classic ou gold ?

Capter la clientèle de particuliers et de PME – source de risques et de frais généraux – et satisfaire la clientèle haut de gamme ont un coût, car il faut étendre le réseau d’agences et proposer des produits attractifs. Sur ce plan, une première étape a été franchie avec l’introduction de la monétique. Après avoir fourni des cartes de retrait et implanté des distributeurs automatiques de billets, les banques ont donné la possibilité aux possesseurs de cartes internationales Visa ou Mastercard de retirer des espèces localement. Conséquence de la présence grandissante de ressortissants de ce pays, la SGBGE acceptera prochainement la carte chinoise CUP.

Une nouvelle étape est en cours, avec l’installation de terminaux de paiement dans les hôtels, les agences de voyages, les commerces et des stations d’essence. Enfin, le système bancaire local devrait mettre sur le marché ses propres cartes Visa internationales, un service très demandé par les Équato-Guinéens qui se rendent à l’étranger. La SGBGE en proposera ainsi deux, la Classic et la Gold, d’ici à la fin de 2011.

L’effort devra désormais être porté sur les produits d’épargne, limités à quelques comptes sur livret et comptes de dépôt à terme, et sur le crédit pour permettre aux banques de jouer leur rôle économique. Outre des prêts à la consommation octroyés aux particuliers et des crédits documentaires, à court terme, aux entreprises, le système bancaire équato-guinéen, pourtant surliquide, finance encore très peu l’économie.

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