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Finance : que les gros salaires lèvent le doigt

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En Afrique, les banques recrutent surtout des commerciaux. Mais elles offrent aussi quelques postes très convoités dans la finance spécialisée, rémunérés plusieurs dizaines de milliers d'euros par an.

Thomas est un privilégié : ce jeune Franco-Camerounais fait partie des happy few qui ont obtenu un poste d’analyste dans la haute finance africaine, ce qui lui permet de travailler sur le continent avec un salaire mensuel de plusieurs milliers d’euros, autant que ce qu’il aurait pu toucher en Europe pour une fonction équivalente. « Ce type de poste est rare et généralement situé à Londres ou à Paris », explique Thomas, qui ne boude pas son plaisir. Et qui doit faire beaucoup de jaloux parmi ses anciens camarades de promotion.

« Il y a un besoin croissant de cadres venant de la banque d’investissement sur les plus gros marchés financiers africains comme le Nigeria, le Maroc, l’Égypte ou le Kenya, explique Tyra Malzy, de Michael Page Africa. Ce sont des profils qui se trouvent en Europe ou aux États-Unis, avec une spécialisation Bourse ou fusions-acquisitions. » Des compétences qui ont un prix : un patron de banque d’investissement au Nigeria peut gagner 250 000 euros par an. En Afrique subsaharienne francophone, où les salaires sont globalement moins élevés mais où le coût de la vie est sans commune mesure, un banquier d’investissement disposant d’une dizaine d’années d’expérience peut espérer environ 10 000 euros par mois.

Recrutement dans le commercial

Parmi les autres expertises de plus en plus recherchées en Afrique figurent la gestion des risques – un élément devenu central pour les banques africaines -, la microfinance et le leasing – « deux domaines dans lesquels nous sommes de plus en plus sollicités », affirme Julien Verspieren, associé du cabinet de recrutement Fed Africa. « Au Maroc, il y a aussi quelques postes relativement nouveaux qui apparaissent, ajoute Tyra Malzy. Dans les ressources humaines nouvelle génération – développement de talents et politiques d’intéressement – ou dans la communication. »

Reste que l’essentiel des recrutements dans le secteur financier est plutôt orienté vers le commercial, surtout en Afrique francophone. Et pour cause : les grands groupes panafricains, d’Ecobank à Attijariwafa Bank en passant par Bank of Africa, sont de plus en plus actifs en matière de recherche et de fidélisation des clients, de marketing… « La majeure partie des banques qui font appel à nous cherchent surtout à étendre leur réseau, à le structurer, à le renforcer », rappelle Julien Verspieren. Elles recrutent donc soit sur des postes de direction générale et de direction des opérations, soit, en local, sur des postes de commerciaux spécialisés dont le rôle sera de faire croître tel ou tel type de clientèle. 

Surenchère

De manière générale, pour les postes de management et d’encadrement, les salaires proposés pour les contrats d’« impatriés » (destinés aux Africains de la diaspora qui reviendraient dans leurs pays d’origine) sont alignés sur ceux pratiqués sur les marchés développés, avec parfois quelques avantages supplémentaires (aide financière temporaire pour se loger, couverture sociale équivalente, etc.). Mais l’opération séduction s’arrête là. Il y a deux, trois ans, plusieurs acteurs venus du Nigeria, notamment United Bank for Africa, avaient fait flamber les salaires en Afrique subsaharienne francophone à travers une politique active de débauchage chez les concurrents. « Les banques panafricaines ne veulent plus de cette surenchère », conclut un banquier. 

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