Politique

RD Congo : Moïse Katumbi dénonce la « répression d’opposants »

Au lendemain d’une nouvelle interdiction temporaire de décoller de Lubumbashi à bord de son jet privé, Moïse Katumbi a dénoncé jeudi la « répression d’opposants » en RD Congo. Dans le viseur de l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga l’Agence nationale de renseignement (ANR) et son patron. À Kinshasa, le gouvernement minimise l’incident.

Mis à jour le 29 février 2016 à 08:24

Moïse Katumbi, dernier gouverneur de l’ex-Katanga. © Gwenn Dubourthoumieu/J.A

Se plaignant d’être victime de « tracasseries répétées » de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Moïse Katumbi, fraîchement passé à l’opposition, était remonté, le 25 février, contre les services de sécurité congolais.

Les griefs de Katumbi

Le « forfait de trop », selon le dernier gouverneur de l’ex-Katanga, date du mercredi 24 février lorsque « des agents de l’ANR ont débarqué [ses] enfants de l’avion et empêcher l’appareil de s’envoler ». Joint au téléphone par Jeune Afrique, Moïse Katumbi dit avoir attendu « deux heures » avant d’être autorisé à quitter Lubumbashi avec sa famille, à bord de son jet privé, pour se rendre à Kashobwe, son village.

« Ce qui m’est arrivé ce jour-là est loin d’être le premier forfait de Kalev Mutond [l’administrateur général de l’ANR] à mon encontre : au lendemain de mon accident de circulation, il avait déjà interdit à l’avion médicalisé qui devait m’amener en Afrique du Sud de décoller. Il laisse entendre que je serai en train de préparer une rébellion alors que j’ai toujours ptôné le respect de la Constitution », explique-t-il.

L’ANR mène la répression tous azimuts contre les leaders d’opposition et les militants prodémocratie.

À l’en croire, le TP Mazembe, champion d’Afrique des clubs en titre, dont il est le président aurait été « un moment » considéré comme une « milice » dans le sud du pays, et ce « sur instruction du chef de l’ANR ». À Lubumbashi et dans les autres villes de l’ex-Katanga, « le port des maillots du club était interdit et ses supporters traqués », soutient Moïse Katumbi.

« L’ANR mène la répression tous azimuts contre les leaders d’opposition et les militants prodémocratie qui luttent pour le respect de la Constitution. Ce service de renseignent arrête, incarcère et torture sans autre forme de procès », poursuit  celui qui est perçu comme le principal rival du camp Kabila pour la présidentielle – désormais hypothétique – initialement prévue fin novembre.

 « Non événement », selon Kinshasa

Contacté, le gouvernement congolais s’est refusé de tout commentaire.

« Nous ne surveillons pas le moindre mouvement de M. Katumbi. C’est un citoyen comme les autres : s’il a des griefs à reprocher aux services de l’ordre ou de sécurité, il a le droit, comme tout Congolais, de saisir la justice », s’est contenté de commenter son porte-parole, Lambert Mende, soulignant qu’il s’agit d’un « non événement ».