Économie

L’Algérie fait planer la menace sur ses accords commerciaux avec l’Europe

Les pays de l'Union européenne ont représenté 60% des échanges commerciaux de l'Algérie au premier semestre 2014. © Vincent FOURNIER/Jeune Afrique

Les exemptions de droits de douane dont bénéficient plusieurs partenaires économiques de l'Algérie, dont l'Union européennes (UE), ont été "déclarées caduques" via une circulaire datée du 23 février. Les conséquences de cette annulation, alors que des accords existent, sont incertaines, mais potentiellement très lourdes.

« L’ensemble des franchises délivrées sont considérées comme caduques à compter du 1er janvier 2016 ». Telle est la teneur d’une circulaire du directeur des douanes algériennes, Kaddour Bentahar, délivrée le 23 février 2016. Le document a été reproduit par les médias algériens Maghreb Emergent et TSA, et Jeune Afrique s’est fait confirmer la réalité du texte.

Plusieurs franchises douanières, prévoyant des réductions tarifaires sur les exportations algériennes et les importations étrangères, existent entre l’Algérie et l’Union européenne (dans le cadre de l’accord d’association en vigueur depuis septembre 2005) et la grande Zone Arabe de Libre Echange (GZALE, accord appliqué depuis 2009).

Interrogés par Jeune Afrique, les services de la Commission européenne dédiés au commerce extérieur  (l’UE est le premier partenaire économique de l’Algérie avec 60% des échanges commerciaux au premier semestre 2014) renvoient à « des rumeurs de presse » qu’ils ne souhaitent pas commenter.

« Les franchises sont caduques au 1er janvier 2016, ni plus ni moins. Cela ne veut pas dire que les accords commerciaux passés par l’Algérie sont suspendus. Mais la question est : par quoi ces franchises vont-elles être remplacés ? Si la mesure de retour à des tarifs douaniers non-préférentiels se confirment, il y aura trois perdants : les entreprises et le surcoût qu’elles vont devoir assumer ; les Algériens et la hausse des prix qui sera impactée sur leur pouvoir d’achat ; le dinar algérien qui va flamber de nouveau sur les marchés parallèles », estime Slim Othmani, le président du conseil d’administration de Rouiba, un fabricant algérien de jus. Celui qui est aussi président du think tank économique Care anticipe déjà une hausse du prix des intrants nécessaires à la fabrication de ses gammes de jus en cas d’application de la mesure.

Tensions autour de l’accord d’association

Les raisons de cette circulaire des douanes n’ont pas été expliquées publiquement par le gouvernement algérien, mais elle semble remettre en cause notamment l’accord d’association signé en 2002 avec l’UE.

Sur le site du ministère du commerce algérien, il est noté, sur une page non datée, que « la mise en œuvre de l’Accord d’Association [avec l’UE] n’a pas eu d’impact sur le niveau et la diversification de nos exportations hors hydrocarbures vers les pays de l’Union Européenne. Les résultats étant mitigés et très éloignés des attentes de l’Algérie, des consultations informelles pour la révision du démantèlement tarifaire des produits industriels et des concessions tarifaires agricoles ont été lancées conformément à la décision du Conseil d’Association tenu à Luxembourg le 15 juin 2010 ».

Les tensions entre l’Algérie et l’UE semblent très fortes autour de cet Accord d’association, alors que, soulignait le journal El Watan il y a quelques jours, une réunion du Comité d’association entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) est prévue jeudi prochain à Bruxelles. « Aux profonds désaccords sur l’évaluation de l’Accord d’association en vigueur depuis septembre 2005 s’ajoutent les malentendus sur la décision du gouvernement algérien d’instituer des quotas. Des mesures qui irritent Bruxelles comme en atteste une note adressée à ses représentants et à toutes les représentations diplomatiques des pays membres de l’UE en Algérie dont El Watan a pu consulter le contenu. Dans le document en question, les autorités bruxelloises contestent des mesures «contraires» à l’Accord d’association en vigueur depuis septembre 2005 », expliquait le quotidien algérien.

Confronté à l’effondrement des cours du pétrole, le pays d’Afrique du Nord tente de freiner les importations pour limiter le déficit de sa balance courante.

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