Société

Mode : la babouche, chaussure de l’année 2016 ?

La babouche version Céline © Instagram/Kim Guijt

On risque de la voir apparaître un peu partout à l'occasion de la Fashion Month 2016. Une nouvelle star de la mode... qui sera à vos pieds (à moins que ce ne soit déjà le cas).

Car depuis quelques semaines, les fashionistas du monde entier n’ont qu’un mot à la bouche : babouche ! Après les collections haute-couture autour du hijab et de l’abaya, c’est au tour de cette chaussure, produit phare des souks traditionnels, d’inspirer aujourd’hui les plus grandes marques. Et nombreux sont les experts de la mode à y voir une grosse pointure de 2016.

La babouche fait mouche 

« À en croire Céline, la babouche sera la chaussure must-have de 2016 », titrait déjà Vogue en janvier. De fait, c’est sous une forme pour le moins originale qu’elle semble avoir conquis les modeuses du monde entier : celle née de l’imaginaire extravagant de Phoebe Philo, directrice artistique de la marque parisienne Céline.

À première vue, la directrice de Vogue Runaway Nicole Phelps aurait trouvé sa forme « encore plus étrange que les escarpins-ballerines en cuir de Philo », ajoutant s’attendre toutefois à ce qu’elle devienne tout aussi populaire cette année.

 

« Son nom vous fera probablement plus penser à un animal de zoo qu’à un style que vous pourriez trouver sur Net-à-Porter, mais la babouche est déjà pressentie pour devenir la chaussure it de l’année 2016 », dit-elle.

D’autres marques ont confirmé cet avis en présentant leurs propres versions de la babouche pour le printemps/été 2016, à l’image d’Acne Studios, Victoria Beckham, Opening Ceremony, Paco Rabanne ou encore Narciso Rodriguez.

Et Grazia magazine d’ajouter : « Oui, la babouche est réhabilitée. Modernisée, sophistiquée, minimalisée, on la croisera sans doute aux pieds des plus averties sans attendre de fouler le sable chaud. »

Et nombreuses sont celles qui ont déjà craqué, arborant fièrement leurs nouvelles chaussures sur les réseaux sociaux.

 

« En tant que femme arabe et surtout en tant que rédactrice de mode amatrice de tendances « locales », celle-ci m’enchante! », confié à Jeune Afrique Sofia Guellaty, ex-rédactrice en chef de Style Arabia. « La babouche est ethnique, mais même si les personnes ne connaissent pas son histoire, l’objet en lui-même est très pur et moderne dans son design. »

Une renaissance… pas si nouvelle

La babouche n’en est pas à ses premiers podiums. En 2015 déjà, la chaussure bédouine s’était fait relooker par de grands noms de la mode tels que Balenciaga, Chanel, Michael Kors, Mango ou encore Uniqlo.

Quelques créateurs maghrébins avaient également fait preuve d’avant-gardisme, comme par exemple ceux de SugaShoo et de LookMyBabouche.

Quant aux babouches fétiches de Sofia Guellaty, elles sont signées Babouches Chacha (une marque tunisienne). « Elles sont en léopard et j’aime leur côté décalé », confie-t-elle.

Une aubaine pour les spécialistes de la babouche au Maghreb, souffrant jusque-là d’une chute significative du tourisme ? « Absolument », répond Sofia. « Et de manière générale il faut absolument investir dans le patrimoine et l’artisanat au Maghreb. Ce sont des trésors sur lesquels il faut capitaliser aujourd’hui. Vivant à Dubaï et constatant le manque d’artisanat ici, je me rends d’autant plus compte de son importance, de sa qualité unique, et de la beauté que ses objets inspirent. »

Une beauté qui inspire en effet, et qui a poussé par exemple la marque A.P.C à faire appel au savoir-faire tunisien pour sa dernière collection, comme elle l’avait d’ailleurs déjà fait auparavant pour d’autres accessoires :

Et pour la petite anecdote, la marque Yves-Saint-Laurent s’était également laissée tenter en 2015, en nommant son vernis n° 62 « Jaune babouche ».

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