Elections

Niger : la coalition des partis d’opposition ne reconnaît pas les résultats de la présidentielle

Photo du point presse de l'opposition, le 23 février 2016, avec Amadou Boubacar Cissé (d) et Seini Oumarou (g). © Copa 2016

L'opposition nigérienne a affirmé mardi qu'elle ne reconnaissait pas les résultats de l'élection présidentielle annoncés depuis la veille par la commission électorale (Ceni), dénonçant des fraudes dans le scrutin.

« Tel que cela a été proclamé jusqu’à maintenant, on ne peut pas les reconnaître », a déclaré à Niamey Amadou Boubacar Cissé, l’un des candidats de la coalition des partis d’opposition en commentant l’annonce faite par la Ceni des premiers résultats du scrutin de dimanche et lundi.

Alors que le vote a été prorogé lundi, la Ceni a commencé à annoncer des résultats partiels et provisoires, notamment ceux de 27 des 308 communes du pays (165 050 suffrages exprimés valables seulement), dont celles de la diaspora. Ces résultats partiels donnent le président Issoufou en tête avec 35,9% des voix devant Hama Amadou (19,35%) et Seini Oumarou (13,71%), pour un taux de participation de 69,07%.

Certaines tendances se dessinent comme à Niamey, fief traditionnel de l’opposant Hama Amadou, où celui-ci est largement en tête comme prévu, a-t-on appris de sources concordantes. Selon le chronogramme de la Ceni, les résultats complets doivent être annoncés au plus tard le 25 février.

« On demande aux militants de résister, de ne pas accepter ce qui se passe parce que c’est totalement contraire à ce qui été exprimé par les urnes », a ajouté Amadou Boubacar Cissé, refusant de commenter les modalités d’action. « Je n’ai pas besoin de vous dire la stratégie que nous adoptons ».

« Grave complicité de la Ceni », selon l’opposition

« Dans nombre de zones où le PNDS (parti au pouvoir) a été largement battu, la Ceni présente des résultats surprenants qui nous montrent clairement que le président Issoufou persiste dans son illusion d’un coup KO qu’il veut imposer par une trituration irresponsable des résultats du vote sanction des populations nigériennes », a encore accusé le candidat de l’Union démocratique et républicaine

Celui-ci a notamment évoqué l’existence de bureaux de vote fictifs, notamment à Zinder, comme l’avait fait peu avant le Mouvement nigérien pour la démocratie et le socialisme.  « En fait les représentants du PNDS à la Ceni disposent déjà de la totalité des résultats fabriqués sur toute l’étendue du territoire qu’ils font valider par et publier par la Ceni qui agit par grave complicité », a ajouté ABC.

Le porte-parole de la coalition, Seini Salatou, a également mentionné, dans un point de presse en langue djerma, des procès-verbaux fictifs, des menaces envers les délégués et représentants de l’opposition ainsi que des urnes confisquées par des militaires. « Il est impossible qu’il n’y ait pas de second tour », a-t-il conclu. Seini Oumarou, candidat du MNSD, a qiant à lui dénoncé des résultats « falsifiés et fantaisistes » auprès des chefs des missions d’observation de l’Union africaine et de la Francophonie notamment.

Le collectif « Résistance citoyenne » a quant à lui, dans un point de presse à 17h30 heure locale, dénoncé le scrutin, en évoquant notamment l’interférence des forces de sécurité dans la région de Diffa. Le collectif de société civile a appelé à la mobilisation des citoyens, même si les manifestations sont interdites dans Niamey.

« Des manquements purement techniques », selon le parti au pouvoir

Le camp présidentiel a aussitôt rejeté les accusations portées par la coalition d’opposition. « Il n’y pas de bureaux de vote fictifs », commente un responsable du PNDS, contacté par Jeune Afrique. « Il y a eu des manquements d’ordre logistique et des problèmes purement techniques mais rien de plus », ajoute cette même source.

Et de dénoncer des « accusations non fondées » et des « manigances » qui cherchent à masquer « la régression de l’opposition face au PNDS ». Selon nos informations, le camp du président espère toujours remporter la victoire dès le premier tour, en évoquant de bons scores dans des régions auparavant acquises à l’opposition.

De leur côté, les chefs des missions d’observation et d’information de l’Union Africaine (UA), le Gabonais Jean Eyeghé Ndong, et de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le Burkinabè Michel Kafando, ont constaté que les scrutins s’étaient « déroulés dans le calme et la sérénité ». Les États-Unis et la France ont également salué le déroulement du scrutin, tout en se déclarant attentif au dépouillement et au processus post électoral.

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