Capital-investissement

Enko Capital lève 83,25 millions de dollars pour son premier fonds de capital-investissement

Cyrille Nkontchou, fondateur d'Enko. © Vincent Fournier/JA

Le gestionnaire fondé par le Camerounais Cyrille Nkontchou a notamment attiré Proparco, la Banque africaine de développement, le family office de Soros, et divers investisseurs européens gérés par Massena Partners.

D’autres investisseurs institutionnels et fortunés accompagnent le closing final d’Enko Africa Private Equity Fund (EAPEF), selon un communiqué diffusé le 22 février. EAPEF, qui avait réalisé son premier closing en avril 2014 (à 48,25 millions de dollars), est un fonds panafricain géré par Enko Capital Managers, qui fait partie d’Enko Capital Group, basé à Londres et Johannesburg. « Le ticket d’investissement sera de 7 a 15 millions de dollars avec une moyenne autour de 10 millions », a expliqué Cyrille Nkontchou, une figure historique du monde financier en Afrique francophone et fondateur d’Enko Capital, interrogé par mail par Jeune Afrique. EAPEF cherchera des « sociétés a fort potentiel bien établies dans leur secteur d’activité et dirigées par un entrepreneur, et qui cherchent des fonds pour accélérer leur croissance ou faire de la croissance externe (acquisitions) ».

La zone cible est l’ensemble du continent, « avec une preference pour l’Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud) ». Le fonds pourra toutefois investir aussi en Afrique du Nord et, pour un maximum de 20% du portefeuille, en Afrique du Sud. « Au moins 30% des investissements se feront en Afrique francophone », a précisé Cyrille Nkontchou.

Bourses

Par son ticket moyen et le type de sociétés ciblées, EAPEF vient rejoindre une catégorie de plus en plus étoffée de fonds panafricains dédiés aux grosses PME africaines, à l’instar d’AfricInvest III ou d’Amethis Finance.

Son originalité repose sur l’accent qui sera mis sur les cessions en Bourse. Sans être à 100% un fonds de pré-IPO (des fonds qui investissement uniquement dans des sociétés juste avant leur entrée en Bourse), EAPEF aura une préférence pour une sortie par les marchés financiers au bout de 3 à 5 ans. « EAPF contribuera ainsi indirectement au renforcement des capacités des bourses de valeur africaines. L’entrepreneur doit donc partager la vision d’une possible introduction en bourse de la société a moyen terme », a insisté Cyrille Nkontchou. Selon une étude d’Ernst & Young pour l’association professionnelle Avca, seulement 10% des cessions de capital-investisseurs entre 2007 et 2014 se sont faites en bourse.

100 millions

EAPEF a déjà réalisé un investissement, dans le groupe de services financiers zambiens Madison Financials Services Plc (coté sur le Lusaka Stock Exchange), en mars 2015. Huit autres sont prévus, sous le pilotage de Cyrille Nkontchou (fondateur en 2000 de LiquidAfrica Holdings, une banque d’investissement panafricaine) et de Ralph Gilchrist, un ancien du gestionnaire African Alliance, de la banque d’investissement Sasfin Bank et du britannique CDC.

Doté de plus de 100 millions de dollars d’actifs sous gestion, Enko Capital Group gère également depuis septembre 2009 le fonds Enko Opportunity Growth Fund (qui investit dans des sociétés cotées en bourse) et lancera en 2016 Enko Africa Debt Fund, un véhicule dédié aux obligations cotées et autres instruments financiers a revenu fixe. Cyrille Nkontchou et Eric Pignot ont également co-fondé Enko Education, une plateforme qui opère dans le secteur de l’education privée primaire et secondaire en Afrique.

 

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