Économie

Des places qui tournent au ralenti

Mis à jour le 16 décembre 2010 à 19:08

Année de recul pour Accra, de progression pour Tunis, 2009 aura été marquée par un fort fléchissement de l’activité sur les marchés d’actions et par la rareté des nouvelles cotations.

 Qu’elle semble loin, l’année 2007 ! La quasi-totalité des Bourses africaines avaient alors enregistré des performances positives. Puis, en 2008, affectées notamment par le retrait des investisseurs étrangers, une bonne moitié d’entre elles avaient affiché des reculs. 2009 n’a guère été meilleure. Plusieurs marchés ont enregistré leur seconde année dans le rouge : la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), basée à Abidjan, mais aussi les Bourses du Kenya, du Nigeria ou du Maroc… La pire chute a été celle subie par le Ghana, qui a reculé en 2009 de presque 50 %.

L’année ayant été contrastée, plusieurs marchés ont toutefois retrouvé des couleurs et compensé en partie les pertes de 2008 : c’est le cas par exemple des Bourses d’Afrique du Sud, d’Égypte, de Maurice et de Zambie. Connaissant sa septième année de hausse consécutive, la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT) est donc la seule grande gagnante de 2009, avec une hausse de 48,4 % en monnaie locale. Gagnante sur le plan de la performance, la place tunisienne l’est aussi sur le plan de l’activité, comme le rappelle notre classement ci-contre. Alors qu’un nombre historiquement bas d’introductions en Bourse (initial public offerings, IPO) a été enregistré sur le continent, la BVMT a sauvé la mise avec deux IPO, dont celle des Ciments de Bizerte pour 77 millions de dollars.

 

Performance des bourses africaines en monnaie locale

Les grands marchés africains, l’Égypte, le Maroc, l’Afrique du Sud et le Nigeria, n’ont connu aucune introduction en Bourse avec augmentation de capital, les entreprises souhaitant généralement attendre des temps meilleurs pour lever des fonds. En revanche, plusieurs d’entre elles ont choisi de s’introduire via une simple inscription à la cote (un listing). La principale opération de ce type a été le listing de Vodacom, numéro un de la téléphonie mobile en Afrique du Sud, pour une valeur de marché dépassant les 3 milliards de dollars. Le Nigeria a également connu plusieurs opérations comparables. À Accra et surtout à Tunis, plusieurs entreprises ont également réalisé des émissions supplémentaires ou des émissions de droits préférentiels pour les actionnaires existants.

Parallèlement, les entreprises africaines ou principalement actives en Afrique ont poursuivi leur utilisation active des marchés occidentaux, plus profonds, plus liquides et plus visibles que les marchés africains. Le groupe français de distribution spécialisée CFAO a ainsi signé la plus importante IPO africaine, avec plus de 800 millions de dollars levés. À Toronto ou à Londres, où sont cotés nombre de titres miniers africains, de nombreuses petites compagnies, telles qu’African Minerals (mines) ou Afren (pétrole), ont financé leur développement par des levées de fonds successives.

Comme sur le front des fusions-acquisitions (voir pages 118-119), l’année 2010 a débuté sur un rythme d’activité bien plus élevé. Plusieurs introductions en Bourse ont eu lieu à Tunis, dont une, celle du distributeur automobile Ennakl, conjointe avec la Bourse de Casablanca. En Afrique du Sud, les entreprises semblaient également de retour, avec l’introduction record du groupe hospitalier Life Healthcare, pour 687 millions de dollars.