Économie

Zakaria Fahim : « Faire du CJD le premier réseau francophone de jeunes dirigeants »

Mis à jour le 15 juin 2011 à 14:27

Alors que la section marocaine du Centre des jeunes dirigeants se réunit à Marrakech du 17 au 19 juin, Zakaria Fahim son fondateur, aujourd’hui à la tête du mouvement patronal, fait le point sur ses objectifs.

Avec onze antennes dans le monde, dont sept en Afrique (Maroc, Tunisie, Algérie, Mauritanie, Cameroun, Bénin et Sénégal), le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD International), créé en 1938 en France, est aujourd’hui fort de 5 000 membres. Son président Zakaria Fahim est par ailleurs à la tête de la filiale marocaine du cabinet d’audit et de conseil BDO.

Jeune Afrique : L’Afrique est-elle un continent à conquérir pour le CJD International ?

Zakaria Fahim : Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une forte attente, et nous souhaitons être partout où il y a des porteurs de projets. Le CJD, concentré sur les PME, permet de rompre l’isolement des jeunes Africains qui se lancent dans l’aventure. Notre objectif est d’atteindre dans les deux ans 6 000 chefs d’entreprise et de demeurer le premier réseau francophone de jeunes dirigeants.

Quels sont vos projets ?

Parmi les plus significatifs, nous sommes en train de mettre en place une plateforme internet qui offrira, moyennant 20 ou 25 euros par an, une veille avec 50 modules d’intelligence économique. Des push [notifications en temps réel, NDLR] seront envoyés sur les smartphones des abonnés, des e-conférences seront proposées. Nous finançons le projet à hauteur de 30 % et recherchons des bailleurs pour les 230 000 euros qui nous manquent. Une autre plateforme, basée sur le postage de vidéos dans lesquelles les dirigeants pourront partager leur expérience et donner des conseils, est aussi en cours de mise en place.

Également, du 1er au 3 mars 2012, nous organiserons à Casablanca le premier Salon des entrepreneurs et des entreprises d’Afrique, en partenariat avec les grandes firmes africaines, les chambres de commerce francophones, les associations de businessmen, le gouvernement marocain et la coopération française. L’objectif est de proposer une plateforme de rencontres et d’échanges, de stimuler aussi les affaires et d’offrir un espace de conseil pour ceux qui le souhaitent. Nous attendons au moins 20 000 visiteurs. Ce sera un grand événement.

Profil

. 46 ans, marié, quatre enfants, expert-comptable de formation

. Président de BDO Maroc et d’Atlas Business Angels

. Fondateur en 2001 du CJD au Maroc, président depuis 2010 du CJD International

Le CJD peut-il être un financeur potentiel ?

Pas encore, mais nous sommes en train de constituer un fonds d’amorçage porté par des structures spécialisées partenaires, un business angel indirect en quelque sorte, pour les entreprises innovantes. La section française l’a déjà fait et a réussi, en s’adossant à des fonds d’investissement, à lever 20 millions d’euros. L’idée est d’essayer de réaliser la même chose au niveau du CJD International. Nous allons d’ailleurs cette semaine rencontrer des bailleurs des pays du Golfe, qui ont montré leur intérêt.

Quel est selon vous le plus grand obstacle pour un jeune qui veut créer une entreprise en Afrique ?

L’un des problèmes majeurs, aujourd’hui, est le manque de cadre législatif pour l’autoentrepreneuriat. De nombreux jeunes qui souhaitent lancer leur affaire se retrouvent dans l’informel. Bien souvent, ils contribuent aux économies, mais restent invisibles et en marge de la loi. Au Maroc, sous notre impulsion, le gouvernement est en train d’étudier un statut d’autoentrepreneur, sur le modèle français, partant du constat que le marché de l’emploi ne peut absorber que 120 000 jeunes par an sur les 300 000 qui arrivent. Au Sénégal, où je me suis rendu fin mai pour l’inauguration de la section locale du CJD, les autorités ont également été très attentives à ce problème.