Agroalimentaire

L’effondrement des matières premières agricoles plombe les résultats du français Avril

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L’usine d’Aïn Harrouda est le plus grand site de production de Lesieur Cristal au Maroc

L'usine d'Aïn Harrouda est le plus grand site de production de Lesieur Cristal au Maroc © Cédric Helsly/Groupe Avril

La rentabilité du groupe Avril (ex-Sofiproteol), qui se développe en Afrique à travers le Maghreb et le Sénégal, est en baisse de près de -20 % en 2015. Pour se relancer, il veut aller plus loin sur le continent.

“Des résultats à l’image du monde agricole”, a résumé Jean-Philippe Puig, gérant d’Avril, à l’occasion d’une présentation des résultats du groupe à la presse.

Sérieusement impacté par la chute des prix des matières premières (notamment agricoles), le groupe publie, malgré « une augmentation des volumes », des résultats en baisse en 2015 : le chiffre d’affaires passe de 6,5 milliards d’euros en 2014  à 6,1 milliards en 2015 (il était de 7 milliards d’euros en 2013), soit une chute de -5 %  tandis que l’Ebitda tombe de 249 millions d’euros à 203 millions sur la même période (-18,5 %).

Le groupe, leader en France des oléagineux avec notamment les huiles Lesieur et Puget, subit également de plein fouet la crise de l’élevage (qui impacte ses ventes dans la nutrition animale) et enregistre des pertes dans les oeufs malgré une position confortable avec sa marque Matines (25 % de parts de marché en France).  

Axes stratégiques

Pour redresser la barre, l’ex Sofiprotéol, issu à l’origine du monde agricole, veut développer deux axes stratégiques d’ici à 2020.

Les protéines, principalement animales (destinées à nourrir les élevages), tout d’abord. Aujourd’hui minoritaires dans ses revenus, elles devraient connaître une croissance importante dans le monde à mesure que la consommation de viandes augmente dans les pays émergents (en 2030, la demande devrait surpasser l’offre d’environ 15 %, selon ses estimations).

Le deuxième axe est le développement international, et ce particulièrement en Afrique, où il existe une forte demande des consommateurs pour les huiles. Ainsi, Avril ambitionne de faire passer de 15 % à 30 % la part des africains (Maghreb et Afrique subsaharienne) dans ses effectifs.

Compétence

« Nous avons la légitimité et le savoir-faire pour conquérir ces marchés », estime Jean-Philippe Puig, insistant sur sa compétence de « structurateur de filière » qui peut jouer à son avantage sur le continent. « Avec la volonté de se développer dans toutes les filières oléagineuses. » Comprendre : huile de palme inclue.

En Afrique, Avril est actuellement présent dans la culture de l’olive, du tournesol et du colza (Maroc, avec Lesieur Cristal, n°1 sur le marché) et dans l’arachide (Sénégal, en co-entreprise avec Castel dans la société Copéol).

Mais le groupe n’exclut pas de se développer dans l’huile de coton ou bien sûr dans l’huile de palme, à la fois très rentable et très consommée en Afrique. « Mais nous ne sommes pas pressés, tempère, en marge de la présentation, Michel Boucly, directeur général adjoint en charge de la stratégie. Si nous y allons ce sera dans des conditions de durabilité exemplaire, en travaillant notamment aux côtés du Cirad [Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement , Ndlr], pourquoi pas aux côtés d’ONG. »

En 2015, la société avait entamé des démarches au Cameroun et en Côte d’IvoireMais pour le responsable d’Avril, ce projet pourrait ne pas aboutir avant 2017 ou 2018.

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