Politique

Burundi : les motos-taxis interdites au centre de Bujumbura suite aux attaques à la grenade

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Mis à jour le 16 février 2016 à 15:32

Un homme regarde des balles sur le sol dans un quartier de Bujumbura en décembre 2015. © STR / AP / SIPA

Les motos-taxis sont interdits de circulation dans le centre de Bujumbura à partir de mardi, et des patrouilles de policiers fouillent également les véhicules qui circulent d’une commune à l’autre de la capitale. Lundi, plusieurs explosions de grenades ont fait un mort et une trentaine de blessés.

« Après avoir fait le constat que ce sont ces taxis-motos qui transportaient souvent les criminels qui font exploser des grenades dans la ville, nous avons décidé d’interdire leur circulation dans le centre de Bujumbura à partir d’aujourd’hui », a déclaré Freddy Mbonimpa, le maire de la capitale.

Cette interdiction s’applique aux quartiers de la commune de Mukaza, au centre de Bujumbura. La décision a été prise lundi lors d’une réunion d’urgence des responsables administratifs et sécuritaires de Bujumbura.

Les véhicules et les piétons fouillés 

« Après les grenades d’hier, tout le monde a peur. La tension est palpable partout et l’on sent que les forces de l’ordre sont très nerveuses, car ce sont elles qui sont souvent visées par ces attaques », a réagi un habitant de Bujumbura interrogé par l’AFP et qui a demandé à rester anonyme.

Mardi, de nombreux soldats et policiers patrouillaient dans les rues et fouillaient les véhicules qui traversaient les différents ponts reliant les trois communes de Bujumbura. Des fouilles qui concernent également les piétons.

Multiplication des « rafles »

Plusieurs habitants de Bujumbura, contactés par téléphone, ont assuré que les gens « mouraient de peur » après « la journée la plus violente » depuis plus de deux mois. Ils ont dénoncé une multiplication des « rafles » de jeunes gens dans les quartiers contestataires par les forces de l’ordre, depuis lundi.

Après un début d’année plutôt calme, Bujumbura a connu une recrudescence d’attaques à la grenade, devenues quasi-quotidiennes depuis début février. Le pouvoir et l’opposition se rejettent mutuellement la responsabilité de ces « attaques terroristes », qui ne sont jamais revendiquées.