Droits de l’homme

Tchad : le viol d’une lycéenne agite le pays et conduit Idriss Déby Itno à réagir

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 15 février 2016 à 18h35
Des réfugiés du camp de Zafaye , au Tchad. Photo d'illustration.

Des réfugiés du camp de Zafaye , au Tchad. Photo d'illustration. © Jerome Delay/AP/SIPA

Plusieurs centaines de jeunes Tchadiens manifestaient lundi dans les rues de la capitale N’Djamena contre le viol d’une jeune fille. Des images la montrant en larmes avaient été diffusées sur des réseaux sociaux, conduisant le président Déby Itno à sortir de sa réserve.

Que sait-on de l’affaire ?

Une jeune fille identifiée sous le nom de Zouhoura à été enlevée ce week-end et violée par cinq jeunes hommes, issus selon les manifestants de familles d’officiers supérieurs. Quelques heures après les faits, les auteurs présumés mettaient en ligne une vidéo montrant la victime en larmes. Depuis, la vidéo a été retirée.

L’affaire a fait grand bruit au Tchad, où le viol reste tabou. Lundi matin, les camarades de lycée de la jeune fille et d’autres jeunes se sont rassemblés devant le domicile de la victime pour marcher en direction du palais de justice afin de réclamer « réparation pour Zouhoura ». Une revendication également portée sur les réseaux sociaux.

Un mort, selon les manifestants

La manifestation a violemment été dispersée par la police anti-émeutes, selon des manifestants et la police. L’un des protestataires serait mort lors de la dispersion de la manifestation, a affirmé un manifestant sous couvert de l’anonymat. Ce qu’affirment également plusieurs médias locaux tchadiens.

« Lorsque nous sommes arrivés non loin du palais de justice, la police a tiré contre nous des gaz lacrymogènes. Il y a eu aussi des tirs à balles réelles », a raconté l’un des jeunes manifestants. « ll s’en est suivi une course poursuite contre nous à travers la ville, et c’est au niveau du lycée de la liberté qu’un de nos camarades est tombé fauché par une balle », a-t-il poursuivi.

Des affirmations démenties par le porte-parole de la police, le colonel Paul Manga. Ce dernier a assuré qu’il n’y a avait pas eu de victime et que deux des violeurs présumés avaient été arrêtés.

La réaction d’Idriss Déby Itno

Face à l’ampleur de l’affaire, le président Idriss Déby Itno a réagi à la polémique dénonçant l’impunité des familles de hauts dignitaire du régime. « C’est en père de famille scandalisé que je réagis (…) à cet acte barbare, ignoble et innommable », a déclaré le chef de l’État dans un communiqué publié sur le compte Facebook de la présidence.

« Je condamne fermement cet acte et rassure toutes les filles, toutes les mères, tous les jeunes, bref tous les Tchadiens que justice sera rendue et que plus jamais cela ne se répétera. Je comprends vos peines, je les partage avec vous », poursuit-il. Pas sûr que ce message suffise à ramener le calme dans les rues de N’Djamena.

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