Diplomatie

Rwanda : après les accusations d’ingérence, Kigali ne veut plus des réfugiés burundais

Des réfugiés burundais au Rwanda, en avril 2015.

Des réfugiés burundais au Rwanda, en avril 2015. © Edmund Kagire / AP / SIPA

Le Rwanda a fait part vendredi de son intention de renvoyer les réfugiés burundais qui sont sur son sol vers d'autres pays. Kigali est accusé d'ingérence dans les affaires du Burundi.

« Le gouvernement rwandais a annoncé aujourd’hui qu’il allait immédiatement commencer à travailler avec les partenaires de la communauté internationale pour préparer, de manière ordonnée et sûre, le transfert des réfugiés burundais vers des pays tiers », a annoncé Kigali dans un communiqué rendu public vendredi 12 février.

« Le Rwanda remplit sans hésiter ses obligations de protection des réfugiés. Cependant, l’expérience dans la région des Grands Lacs montre que la présence à long terme de réfugiés si près de leur pays d’origine, présente des risques considérables pour toutes les personnes concernées », a-t-il ajouté.

Une réponse aux accusations de l’ONU et de Washington ?

Cette annonce survient quelques jours après les accusations portées par l’ONU et les États-Unis. La semaine dernière, des experts des Nations unies avaient accusé le Rwanda de recruter et d’entraîner des réfugiés du Burundi voisin. Objectif de Kigali, selon ces experts de l’ONU : renverser le président burundais, Pierre Nkurunziza.

Des accusations reprises par les États-Unis. Mercredi, Washington a reproché au Rwanda de chercher à « déstabiliser » le Burundi, en enrôlant des réfugiés burundais dans une opposition armée contre le régime du président burundais.

75 000 Burundais au Rwanda 

Le Burundi avait déjà accusé à plusieurs reprises Kigali de soutenir les rebelles qui tentent de renverser son gouvernement. Des accusations rejetées par le Rwanda.

La décision de Kigali est lourde de conséquences : depuis le début de la crise burundaise, en avril 2015, quelque 75 000 Burundais ont trouvé refuge au Rwanda. Parmi eux, 25 000 sont établis à Kigali, où se concentrent notamment hommes politiques, militants associatifs ou journalistes. Autant de personnalités menacées dans leur pays.

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