Politique

Tunisie : quand les chômeurs de Gafsa marchent sur Tunis

| Par Jeune Afrique avec AFP
Jeunes tunisiens dans une agence BNEC (Bureaux de l’Emploi et du Travail Indépendant), à Tunis le 02 juillet 2010.

Jeunes tunisiens dans une agence BNEC (Bureaux de l'Emploi et du Travail Indépendant), à Tunis le 02 juillet 2010. © Ons Abid pour Jeune Afrique

Ils sont une soixantaine et viennent de parcourir une longue marche de 400 kilomètres. Ces dizaines de chômeurs originaires de la ville de Gafsa, dans le centre défavorisé de la Tunisie, ont parcouru près de 400 km à pied pour rallier la capitale afin de réclamer des emplois.

Cette « manifestation pacifique » de Gafsa à Tunis a duré plus de huit jours, a indiqué mardi Ali Laslem, l’un des participants qui se trouvaient dans la banlieue sud de Tunis. Comme les autres chômeurs du groupe, ce dernier réclame de s’entretenir avec des représentants du pouvoir.

« Quand tu vas voir les autorités régionales dans ton gouvernorat, il n’y a aucune réaction (…). Ça fait que tu te diriges vers les autorités centrales », a expliqué ce jeune homme de 25 ans.

Le plus grand soulèvement depuis la révolution de 2011

Cette manifestation survient alors que la Tunisie est secouée par une vague de contestation sociale, partie de Kasserine avant de s’étendre à travers le pays. Ce mouvement, le plus important par sa durée et son ampleur depuis la révolution de 2011, avait été provoqué par la mort d’un jeune chômeur lors d’une manifestation.

Un soulèvement qui n’est pas sans rappeler celui d’il y a cinq ans, lui-même largement motivé par le chômage, la misère et l’exclusion sociale. En 2016, plusieurs régions de l’intérieur de la Tunisie se plaignent toujours d’être marginalisées et réclament un plan de développement spécifique.

Le Premier ministre plaide la patience  

En réaction au récent mouvement de contestation, le gouvernement a plaidé pour la patience. Le Premier ministre Habib Essid a appelé à un « nouveau modèle de développement (…) qui s’appuie sur la justice sociale », reconnaissant l’existence de « beaucoup de disparités entre les régions ».

« Gafsa, avec son phosphate, a porté la Tunisie. Et les jeunes de Gafsa, où sont-ils ? Désœuvrés, en prison, perdus », a encore commenté mardi Hedia Hamed, une femme de 38 ans qui a participé à la marche. La région de Gafsa, stratégique pour la Tunisie en raison de ses mines de phosphates, reste parmi les plus pauvres du pays.

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