Musique

Vidéo : Beyoncé porte la cause noire au coeur du Super Bowl

Le clip Formation s'ouvre sur une image évoquant le désastre causé par l'ouragan Katrina en 2005 aux États-Unis. © Capture d'écran YouTube

Très attendue, la prestation de "Queen B" au Super Bowl, finale de la Ligue nationale de football américaine (NFL) dimanche, restera l'une des plus engagées de ce rendez-vous peu habitué aux messages sociaux.

Pour la 50e édition du Super Bowl, Beyoncé a frappé fort. Mais pour comprendre pourquoi, il faut revenir 24 heures en arrière, le samedi 6 février, lorsque la chanteuse dévoile sans prévenir, c’est-à-dire sans marketing, ni promotion, un nouveau titre, « Formation », et le clip qui l’accompagne sur YouTube. Avec ce premier solo depuis 2014, et quelques jours après la sortie tout aussi surprise de Anti de Rihanna, l’épouse de Jay-Z rappelle, même à ceux qui ne voudraient pas l’entendre, que c’est encore elle qui règne au sommet de l’industrie de la pop. Et en tant qu’artiste noire, son engagement sera politique.

Produit par la star d’Atlanta Mike Will Made It ( 2 Chainz, Rihanna, Juicy J, Miley Cyrus) et Swae Lee du terrible duo Rae Sremmund, « Formation » s’ouvre par un « What happened after New Orleans? (Qu’est-ce qui s’est passé après la Nouvelle Orleans?)/Bitch, I’m back by popular demand (Salo***, je suis de retour à la demande générale) », avant de laisser se dérouler une trap sudiste spécialement calibrée pour porter le titre le plus engagé de la carrière de B.

Dans un grand assemblage de rimes ravageuses et d’images chocs, la chanteuse évoque les grands drames qui ont secoué la communauté africaine-américaine ces dix dernières années, des désastres de l’après Katrina au mouvement Black Lives Matter né après les innombrables assassinats de noirs américains par la police. «I like my negro nose with Jackson five nostrils» («j’aime mon nez nègre et mes narines de Jackson Five») scande fièrement la chanteuse.

Et c’est évidemment « Formation » que Beyoncé a interprété dans l’enceinte du Levi’s Stadium de Santa Clara, en Californie, pour la 50e édition Super Bowl. Pendant la mi-temps du match, qui opposait les équipes de Denver et Carolina, devant 65 000 spectateurs et environ 150 millions de téléspectateurs, la star originaire du Texas, accompagnée par des danseuses vêtues en Black Panthers, a interprété ce titre politiquement incorrect à une heure de grande écoute dans une chorégraphie hallucinante.

Éclipsant les prestations de Coldplay et Bruno Mars, la chanteuse est parvenue à occulter le Super Bowl lui même, et faire de son retour dans le jeu musical le vrai événement de ce début d’année. Un retour que certain qualifieront de calculé, mais dont on peut difficilement contester l’audace et le courage. La plateforme de diffusion Tidal, créée par Jay-Z et qui diffuse le titre, a quant à elle annoncé qu’elle versait la somme de 1,5 million de dollars au profit d’organisations sociales comme Black Live Matter.

Il faut peut-être remonter à la prestation de Michael Jackson au Super Bowl de 1993 pour retrouver un show aussi exceptionnel, tant sur le plan artistique que social. Le roi de la pop, auquel la tenue de Beyoncé rendait hommage dimanche soir, y avait interprété un « Black or White » (manifeste contre le racisme) légendaire.

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