Politique

Mali – Fahad Ag Almahmoud (Gatia) : « Nous allons trouver un terrain d’entente avec la CMA » à Kidal

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Un soldat de la Minusma à Kidal, pendant le vote de la présidentielle, le 28 juillet 2013.

Un soldat de la Minusma à Kidal, pendant le vote de la présidentielle, le 28 juillet 2013. © Rebecca Blackwell /AP/SIPA

Le secrétaire général du Gatia, dont les combattants pro-Bamako sont entrés lundi dans Kidal, bastion des rebelles de la CMA, affirme que cette arrivée était prévue de longue date et qu’il souhaite désormais trouver un compromis pacifique avec ses rivaux.

Des centaines de combattants du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) – une des composantes de la « Plateforme », une coalition de groupes armés pro-gouvernementaux – sont entrés lundi 2 février à Kidal, bastion de la Coalition des mouvements de l’Azawad (CMA), le principal groupe rebelle du Nord-Mali. Aucune violence ni aucun combat n’ont été signalés, mais cette arrivée du Gatia dans le fief de ses rivaux a rapidement suscité l’inquiétude sur la poursuite du fragile processus de paix dans le septentrion malien.

Joint par téléphone depuis Kidal, où il est entré lundi avec ses hommes, Fahad Ag Almahmoud, le secrétaire général du Gatia, assure que leur arrivée dans cette ville symbolique était connue des responsables rebelles. Il affirme également tout faire pour trouver un terrain d’entente avec ses « frères » de la CMA.

Jeune Afrique : Pourquoi êtes vous entré à Kidal avec le Gatia ?

Fahad Ag Almahmoud : Notre entrée à Kidal est la suite du long processus né à Anéfis, en octobre dernier, où nous nous sommes réunis avec la CMA pour faire la paix. Dans cet accord était prévue la libre circulation des personnes et des biens, laquelle devait se faire par étapes : en commençant par Anéfis, puis Aguelhok, In Khalil, et enfin Kidal.

Ce mouvement de vos troupes vers Kidal était-il prévu depuis longtemps ?

Oui, notre arrivée était prévue pour le 11 janvier, mais reportée au 30 janvier puis au 15 février. Face à ces reports, nous avons mandaté une commission pour entamer des discussions avec les responsables de la CMA qui gèrent la ville de Kidal. Cette commission nous a rapporté que nos frères de la CMA nous accueillaient à bras ouverts et que nous étions les bienvenus.

Nous avons entrepris plusieurs actions pour les rassurer et leur dire que nous ne sommes pas venus en concurrents

La CMA affirme qu’elle ne s’attendait pas à un débarquement de vos troupes en si grand nombre, à plus d’une cinquantaine de véhicules remplis de vos combattants…

Dès que nous avons su cela, nous avons entrepris plusieurs actions pour les rassurer et leur dire que nous ne sommes pas venus en concurrents, et encore moins en envahisseurs. Nous sommes venus chez nous, et nous allons travailler pour qu’il y ait un compromis sur le nombre de nos hommes dans la ville de Kidal.

N’avez-vous pas forcé la main à la CMA ?

Absolument pas. Nous sommes entrés dans Kidal en file indienne, par le checkpoint le plus dégagé, avec les armes rangées sous les bâches des véhicules. Nous sommes arrivés de la manière la plus pacifique possible.

Ne pensez-vous pas que votre arrivée puisse générer des tensions à Kidal ?

Nous ne le souhaitons pas. Au moment où je vous parle, nous sommes en train de discuter pour éviter toute tension. Nos hommes en armes se fréquentent. Il y a plus de complicités entre eux qu’entre les leaders politiques.

La situation est totalement détendue et normalisée

Quelle est la situation à Kidal ?

La situation est totalement détendue et normalisée. Nous n’assurons aucune fonction de police. C’est toujours la CMA qui gère la ville, comme avant notre arrivée. Chacun d’entre nous est rentré chez lui. Nos hommes ont pour consigne de faire profil bas jusqu’à ce qu’un arrangement satisfaisant pour tout le monde soit trouvé.

Sur quoi portent vos discussions ?

Nous sommes prêts à accepter toute solution en faveur d’un rapprochement. Je suis confiant, nous allons trouver un terrain d’entente avec nos frères de la CMA.

Vous n’avez donc pas l’intention de quitter Kidal ?

Ce n’est pas la question. Nous avons expliqué à la CMA qu’il serait mal vu de nous faire quitter totalement Kidal au mépris de l’accord d’Anéfis. Nous sommes là, et nous faire quitter cette ville laisserait beaucoup de séquelles dans les coeurs.

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