Diplomatie

Syrie : offensive militaire d’Assad et de la Russie, les négociations de Genève ajournées

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 05 février 2016 à 10h11
Le coordinateur de l'opposition syrienne Riad Hijab (à g.) lors d'une conférence de presse à genève, le 3 février 2016.

Le coordinateur de l'opposition syrienne Riad Hijab (à g.) lors d'une conférence de presse à genève, le 3 février 2016. © Fabrice Coffrini/AFP

La délégation du Haut comité des négociations (HCN), représentant l’opposition syrienne, a annoncé mercredi qu’elle suspendait sa participation aux négociations de Genève ouvertes lundi. Elle conditionne son retour à la table des discussions par la satisfaction de ses « demandes humanitaires ».

« La délégation du Haut comité des négociations (HCN) quittera Genève [jeudi 4 février] et ne reviendra pas tant que ses demandes humanitaires ne sont pas satisfaites ou que quelque chose de concret ne se réalise pas sur le terrain, a déclaré mercredis son représentant Riad Hijab lors d’une conférence de presse.

Riad Hijab a rappelé que « le HCN était venu à Genève avec l’assurance de nombreux pays que le processus humanitaire allait débuter ». « Mais le contraire est arrivé. Rien ne s’est passé sur le front humanitaire et le régime a fait capoter le processus politique », a-t-il dénoncé, accusant ce dernier « d’essayer de faire du chantage à l’égard de l’ONU ». « Nous n’accepterons pas ces manœuvres », a prévenu Riad Hijab. Prenant acte de cette décision, l’ONU a annoncé le report au 25 février des pourparlers de paix qui s’étaient ouverts lundi.

Évoquant les récents progrès militaires du régime de Damas, appuyé par l’aviation russe, notamment autour de la ville d’Alep (nord), le responsable de l’opposition a cependant voulu en minimiser la portée. « Le régime a remporté de faibles gains. Il ne contrôle que 17 % du pays. Le gros du travail est fait par la Russie et d’autres groupes armés, a-t-il expliqué. Nous ne sommes pas inquiets à propos de ce qui s’est passé ces derniers jours et de ce qu’ils ont gagné, nous avons foi en nos combattants pour la liberté ».

Damas et Moscou accusés de saper le processus de paix

Au même moment, des dirigeants du monde entier, dont David Cameron, Angela Merkel et le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, se sont donnés rendez-vous jeudi à Londres pour tenter de lever neuf milliards de dollars en faveur des 18 millions de Syriens victimes de la guerre, avec l’ambition d’endiguer la crise des réfugiés qui, du Moyen-Orient à l’Europe, pèse sur les pays d’accueil.

Mais sur le terrain, le régime de Damas, appuyé par les frappes de son allié russe, a effectué une importante percée militaire à Alep (nord), rendant vaines toutes avancée dans les discussions selon l’opposition et leurs alliés occidentaux.

« La poursuite de l’assaut des forces du régime syrien – renforcées par les frappes russes – contre des zones tenues par l’opposition (…) a clairement montré le désir de chercher une solution militaire plutôt que de permettre une solution politique », a dénoncé pour sa part le secrétaire d’État américain John Kerry, actuellement à Londres, à l’adresse de Moscou et de Damas.

« Nous appelons le régime et ceux qui le soutiennent à arrêter leurs bombardements sur des zones tenues par l’opposition, en particulier à Alep », a exigé le chef de la diplomatie américaine.

Dans la journée de mercredi, la France avait elle aussi condamné « l’offensive brutale menée par le régime syrien, avec le soutien de la Russie ». Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a jugé que les « circonstances dramatiques » sur le terrain « privaient de sens » les discussions de Genève « auxquelles ni le régime de Bachar al-Assad ni ses soutiens ne souhaitent visiblement contribuer de bonne foi, torpillant ainsi les efforts de paix ».

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