Diplomatie

Syrie : l’ONU a officiellement annoncé le début des négociations

| Par Jeune Afrique avec AFP
L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura le 1er février 2016 à Genève, en Suisse.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura le 1er février 2016 à Genève, en Suisse. © AFP

Après plusieurs jours d’hésitation, les Nations unies ont officiellement annoncé lundi le début des discussions de paix sur la Syrie à Genève.

Depuis plusieurs semaines, l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’échine à faire entrer les deux camps syriens dans un processus de dialogue indirect, et fait la navette entre la délégation du régime de Damas et celle de l’opposition.

« Nous commençons officiellement les discussions de Genève », a répété à plusieurs reprises, en anglais et en français, le diplomate italo-suédois, le 1er février. Encore très méfiante à entrer dans la négociation, l’opposition exige qu’il y ait des améliorations tangibles faites sur le terrain alors que la situation des civils en Syrie, bombardés et affamés, est catastrophique.

L’opposition exige la réduction des violences sur le terrain

« Ils insistent sur le fait que la population civile syrienne mérite de voir une réduction concrète de la violence sur le terrain pendant que des discussions politiques se déroulent. C’est un argument très fort », a expliqué l’émissaire de l’ONU. « Nous devons vraiment voir quelque chose de concret, en dehors d’une longue et douloureuse négociation », a-t-il insisté.

« Trois questions sont importantes pour nous, la levée des sièges, la libération de détenus, et l’arrêt des attaques contre les civils par les bombardiers russes (alliés de Damas) et par le régime », a égrainé un porte-parole de l’opposition, Salem al-Meslet.

Convois humanitaires, libérations de détenus

Si l’arrêt à court terme des bombardements semble irréalisable, travailler en vue de la libération de civils, femmes et enfants, « serait un premier signal que quelque chose de différent est en train de se produire », a estimé Staffan de Mistura. L’opposition a déjà commencé à dresser les listes de noms des détenus.

La veille, le régime de Damas a donné son accord de principe à l’envoi de convois humanitaires dans la ville assiégée de Madaya près de Damas où 46 personnes sont mortes de faim depuis décembre, et dans deux autres villes, Kafraya et Foua, qui sont elles assiégées par les rebelles.

Six mois de négociation

L’émissaire de l’ONU a déjà annoncé que les discussions étaient prévues pour six mois. Il s’entretiendra de nouveau, ce mardi, avec la délégation du régime syrien puis avec celle du Haut comité des négociations (HCN) qui regroupe des politiques et des représentants des groupes armés en Syrie.

Son négociateur en chef, Mohammed Allouche, membre du bureau politique du groupe armé rebelle Jaïch al-Islam (l’Armée de l’Islam), un mouvement d’inspiration salafiste que le régime de Damas qualifie de « terroriste », est arrivé lundi en début de soirée à Genève pour rejoindre la délégation. « Nous sommes venus pour trouver une solution », a-t-il déclaré à l’AFP, tout en accusant le régime de vouloir éliminer l’opposition.

Soyons réalistes. On vient de très loin »

« Soyons réalistes. On vient de très loin, on a des gens qui ne se sont pas parlé depuis deux ans (lors de premiers pourparlers intersyriens en 2014, qui s’étaient soldés par un échec), et en deux ans les horreurs ont continué, la situation a empiré », résume un diplomate occidental : plus de 260 000 morts, des millions de personnes chez eux, sans compter l’essor du groupe État islamique (EI) qui a conquis de larges pans du territoire.

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