Elections

Présidentielle en Ouganda : la bataille fait rage sur les réseaux sociaux

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Mis à jour le 02 février 2016 à 14h35
La campagne électorale 2.0 en Ouganda.

La campagne électorale 2.0 en Ouganda. © Capture d'écran/Twitter

C’est sans la doute la campagne électorale la plus digitale de l’histoire des Grands Lacs. Depuis son lancement au début de juillet 2015 et à quelques jours de la présidentielle prévue le 18 février, les candidats se livrent une virulente bataille 2.0 sur les réseaux sociaux.

Jamais une présidentielle ougandaise n’a été si 2.0. Sept candidats sur huit sont actifs sur les réseaux sociaux, principalement Twitter et Facebook, où ils relayent en temps réel leur campagne électorale sur le terrain. Seule Maureen Faith Kyalya Walube, ancienne conseillère à la présidence en charge de la lutte contre la pauvreté et seule femme présente dans la course, ne participe pas à la bataille de #UgandaDecides sur la Toile.

Yoweri Museveni est lui bien présent sur les réseaux sociaux et devance tous ces concurrents en terme de popularité numérique. Le président sortant frôle en effet la barre de 200 000 fans et followers respectivement sur Facebook et Twitter. Loin devant son ancien Premier ministre Amama Mbabazi, limogé en mars 2014 (qui a décidé de défier son ancien compagnon de lutte), ou son opposant historique Kifefe Kizza-Besigye, leader du  Forum pour le changement démocratique (FDC).

Cliquez sur l’infographie pour voir le nombre d’abonnés et de followers de chaque candidat.

Un match à trois

Sur les réseaux sociaux comme sur le terrain, trois candidats sortent donc du lot : Yoweri Museveni, Amama Mbabazi et Kifefe Kizza-Besigye. Avec des comptes certifiés sur Twitter et sur Facebook, ils se livrent un combat sans merci à coup de hashtags rageurs (mots-clés).

1. Museveni avec #VoteSevo et #SteadyProgress

Selon les données que Jeune Afrique a recueillies avec l’outil d’analyse Twitonomy, la campagne électorale du président sortant, lancée le 3 novembre 2015, peut potentiellement atteindre 2 665 783 personnes sur Twitter grâce au hashtag #VoteSevo, Sevo étant le surnom affectueux de Yoweri Museveni. C’est le mot-clé qui rassemble tous les faits et gestes de ce dernier.

@NRMOnline/Twitter

La campagne du président ougandais sortant, Yoweri Museveni, sur Twitter. © @NRMOnline/Twitter

Pour pousser ses compatriotes à voter pour lui, le chef de l’État ougandais, au pouvoir depuis 1986, se vante également d’être l’homme du « progrès constant » (#SteadyProgress). Peu importe si le pays stagne à la 164e place (sur 187 États) de l’Indice du développement humain (IDH), Sevo compte bien rempiler un nouveau mandat de cinq ans. Et s’il faut quelques pas de danse pour convaincre des indécis, le double de Museveni en dessin d’animation est prêt à prendre le relais.

2. Amama Mbabazi avec #GoForward

Leader le plus interactif au monde en 2013, l’ancien Premier ministre ougandais Amama Mbabazi ne se laisse pas intimider. Pour ne pas se disperser sur les réseaux sociaux, il a recentré sa campagne 2.0 autour de son slogan « Go forward » (aller de l’avant) qui est également la dénomination du mouvement qu’il a lancé après son départ du National resistance movement (NRM), le parti au pouvoir.

Une stratégie payante puisque 6 005 509 personnes peuvent potentiellement être atteintes sur Twitter via #GoForward, selon Twitonomy. Une cible plus de 2 fois supérieure à celle de #VoteSevo vers laquelle Amama Mbabazi et son équipe distillent des messages quotidiens de la campagne électorale.

L’ancien Premier ministre partage également des podcasts de ses discours de campagne sur la plateforme de distribution audio en ligne Soundcloud. Et des vidéos du candidat de Go Forward sont également publiées sur un compte YouTube consacré. À l’instar de son rival, Amama Ambazi possède lui-aussi sa version en dessin d’animation, le temps d’exécuter une petite danse sur du Michael Jackson pour « aller de l’avant ».

3. Kifefe Kizza-Besigye avec #WeSigeBesigye 

Parmi les trois principaux candidats, l’opposant Kifefe Kizza-Besigye est le seul qui utilise les réseaux sociaux non seulement pour partager les informations de sa campagne mais aussi pour demander un soutien financier à ses sympathisants.

Sur le site internet de son parti, le FDC (Forum for Democratic Change), bien visible sur le profil du candidat sur Twitter et Facebook, un espace est réservé aux dons. Le leader du FDC mise notamment sur les 3 943 131 personnes qui peuvent être touchées par sa campagne électorale via #WesigeBesigye.

Les contributions financières sont également récoltées sur le terrain pendant les déplacements de Kizza-Besigye à travers le pays. Un moyen de financer la campagne pour un candidat qui affronte Yoweri Museveni pour la quatrième fois consécutive (2001, 2006, 2011 et 2016).

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