Politique

Boko Haram fait plus d’une cinquantaine de morts au Nigeria et au Tchad

Au moins 50 personnes ont été tuées samedi soir par des militants de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Au Tchad, deux attentats suicides ont fait dimanche trois morts et 56 blessés.

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Mis à jour le 1 février 2016 à 09:04

Aux abords du lac Tchad en mars 2015. © Jérôme Delay/AP/SIPA

Selon l’armée nigériane et des témoins locaux, les insurgés de Boko Haram ont attaqué samedi 30 janvier Dalori, une localité proche de Maiduguri, avant de détruire le village. Dalori se trouve à proximité de camps de déplacés par les sept ans d’insurrection de Boko Haram, qui a rallié l’organisation de l’État islamique (EI). L’attaque s’est produite alors que des milliers de personnes déplacées revenaient vers les camps.

À l’arrivée des assaillants, « beaucoup de personnes se sont réfugiées dans la brousse, moi inclus, » a raconté Malam Masa Dalori, un chef local. « Quand nous sommes revenus le matin suivant le village entier avait été rasé. Au moins 50 personnes ont été tuées et il y a beaucoup de blessés ».

« Il y a eu des morts et quelques blessés », a indiqué de son côté dans un communiqué le porte-parole de l’armée nigériane Mustapha Anka.

Selon lui, les islamistes de Boko Haram « sont arrivés dans le village dans deux voitures et des motos, ont ouvert le feu et brûlé des maisons ». Trois femmes kamikazes ont également tenté de se mêler aux villageois, mais elles ont été « interceptées puis ont explosé », a-t-il affirmé.

Le lac Tchad, zone d’infiltration

La violence meurtrière de Boko Haram a également touché le Tchad. Dimanche, deux attentats suicides ont fait trois morts et 56 blessés dans deux localités de la région du lac Tchad, cible régulière d’attaques des islamistes nigérians. La première attaque a visé la localité de Guié, où un kamikaze circulant à moto s’est fait exploser, tuant une personne et en blessant 32 autres, a indiqué à l’AFP un officier des services de sécurité sous couvert d’anonymat.

Un deuxième attentat suicide a fait deux morts et 24 blessés dans le village de Miterine, a-t-on appris de même source.

La région du lac Tchad est placée sous le régime de l’état d’urgence pour tenter de lutter contre les attaques de Boko Haram. Même si sa superficie se réduit d’année en année en raison du réchauffement climatique, le lac Tchad abrite une multitude d’îles et îlots peuplés de pêcheurs, et ses abords sont rendus difficiles par une végétation dense, facilitant les infiltrations des islamistes de Boko Haram en territoire tchadien.

Pour contrer les kamikazes, le Tchad a interdit le port du voile intégral sur l’ensemble de son territoire, ce vêtement servant régulièrement à dissimuler des ceintures d’explosifs.

Pour combattre Boko Haram, les quatre pays riverains du lac Tchad ainsi que le Bénin ont mis sur pied une Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) dotée de 8 700 militaires, policiers et civils.

La coalition « a sans conteste affaibli la nébuleuse » islamiste mais « pour autant, elle ne s’avoue pas vaincue », avait reconnu fin 2015 le président tchadien Idriss Déby Itno, qui vient d’être désigné président de l’Union africaine pour un an.