Politique économique

Le Maroc lance un plan d’urgence contre la sécheresse

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Le cannabis du Rif est en train d'être remplacé progressivement par d'autres cultures.

Le cannabis du Rif est en train d'être remplacé progressivement par d'autres cultures. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

À cause du retard de pluies dans le royaume, le gouvernement marocain a décrété vendredi un plan d’urgence de 4,5 milliards de dirhams (417 millions d’euros) pour faire face à la sécheresse. Mais, vu l’importance de l’agriculture dans l’économie, la croissance de l’année 2016 semble déjà affectée.

Au Maroc, on a l’habitude de dire que « quand l’agriculture va, tout va ! ». Et visiblement, elle va mal cette année. La sécheresse pointe son nez dans le royaume chérifien après une récolte 2015 particulièrement bonne. Le 28 janvier, le roi du Maroc s’est réuni avec le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, et le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, dans ce qui semble être une réunion de crise. Ordre du jour : demander au gouvernement de faire face à la sécheresse en suivant trois types d’actions : approvisionner en eau potable les villages éloignés, protéger les ressources animales et végétales et soutenir les cultures solidaires.

« Le maintien des équilibres dans le monde rural demeure un axe majeur des politiques publiques et de la série d’actions qui seront entreprises », précise un communiqué du cabinet royal. Ce vendredi, le ministère de l’Agriculture n’a pas tardé à a annoncer un plan d’urgence de 4,5 milliards de dirhams (417 millions d’euros) pour lutter contre les effets de la sécheresse, en plus de 1,25 milliard (116 millions d’euros) qui seront mobilisés par la Mamda, la principale mutuelle d’assurance agricole au Maroc, pour indemniser les agriculteurs.

Année décisive pour le Plan Maroc vert

Au Maroc, pays historiquement agricole, la pluie est un sujet politique qui a toujours été suivi de près par le Palais. L’agriculture a un poids économique et social colossal. Elle représente 14,6 % du PIB du pays et près de 40% de l’emploi, dont 75% en milieu rural. Depuis décembre, à cause du retard des pluies, plusieurs prières rogatoires ont eu lieu dans le royaume sur ordre du roi. « Mais pas de panique !,  tempère un membre du gouvernement. Avec le plan Maroc vert, le pays a accumulé suffisamment d’expérience pour faire face aux années de sécheresse ».

Lancé en 2008, le plan Maroc vert, une des importantes politiques sectorielles que Mohammed VI a initié pour faire décoller l’économie du pays, a permis de faire évoluer le PIB agricole de 7,7% par an, dépassant les 118 milliards de dirhams en 2015 (près de 11 milliards d’euros). Sa recette : donner la priorité aux investissements à haute valeur ajoutée, capables de positionner le pays sur le marché international, tout en permettant le développement des différentes régions du Maroc en capitalisant sur leurs particularités agricoles. Le bilan de ce plan est, somme toute, encourageant, mais cela n’empêche pas plusieurs experts marocains de dire que l’économie marocaine reste largement tributaire de la pluviométrie et que 2016 sera, de ce fait, une année décisive pour ce plan.

Croissance revue à la baisse

Le 28 janvier, le Haut commissariat au plan (HCP), un institut public chargé d’établir les statistiques officielles, a confirmé que le retard des pluies aura bel et bien des conséquences néfastes sur l’économie. Pour 2016, il prévoit un taux de croissance de 1,3%, presque divisé par deux par rapport aux 2,6% qu’il avait prévus l’année dernière, du fait d’une production agricole moins bonne. Selon lui, le Maroc s’attend à vivre les épreuves redoutées des sécheresses des années 1995 et 2007, qui ont entraîné un recul sévère de la valeur ajoutée agricole.

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