Politique économique

Tunisie : des motifs d’espoir pour l’économie, après une année 2015 difficile

Atelier d'assemblage du groupe aéronautique français Figeac en Tunisie. © Figeac Aero/Vimeo

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a publié le 28 janvier sa note de conjecture pour l'année 2015. Elle y décrit une économie qui a connu « un fléchissement de l'activité » dû en particulier au terrorisme et la persistance des difficultés structurelles du pays à accélérer le rythme des réformes, notamment concernant le secteur bancaire et fiscal. Pourtant les signes de résilience sont là !

« Le modèle économique tunisien a souffert de la baisse de deux de ses trois principaux piliers : le tourisme et l’industrie manufacturière. Seule l’agriculture grâce à l’exportation de l’huile d’olive s’est bien comportée », analyse Maher Zaanouni, fondateur du cabinet financier Cap Invest Partners.

Les nuitées touristiques ont chuté de -44,4 % en 2015 pour un total de 16,2 millions de nuitées. Les recettes touristiques ont baissé de -35,1 % par rapport à l’an dernier, pour atteindre 2,35 milliards de dinars (1,06 milliard d’euros). Le transport aérien a subi de plein fouet ce recul avec une chute de -32 % de son activité en 2015.

La production industrielle n’a pas été non plus épargnée. Sur les dix premiers mois de l’année 2015, son indice a baissé de -1,8 %, contre un recul de seulement -1,4 % sur la même période en 2014. La crise européenne qui a limité les débouchées des produits manufacturiers tunisiens est une des principales raisons de cette baisse, selon Maher Zaanouni.

Ainsi, les exportations des industries du textile, habillement, cuirs et chaussures ont faibli de -3,6 %. La production minière a subi une sévère chute de la production (-21,5 %) et notamment l’extraction de phosphate. La production énergétique poursuit également sa tendance à la baisse (-5,8 %).

Résilience

Le chapitre des paiements extérieurs offre cependant quelques bonnes nouvelles. Le déficit de la balance commerciale s’est amélioré de 11,6 % grâce notamment au boom du secteur agricole. La baisse des importations explique la progression des avoirs en devises de +7,7 % entre 2014 et 2015 pour un total de 6,3 milliards d’euros.

« L’économie tunisienne a montré une très forte capacité de résistance, selon Maher Zaanouni, cela aurait pu être bien pire. » Il table que cette résilience de l’économie va convaincre les investisseurs étrangers permettant l’éclosion en 2016 d’un quatrième pilier de croissance : les investissements directs étrangers (IDE). Ces derniers ont augmenté de +9,2 % en 2015.

En 2015, le dinar tunisien s’est déprécié de -8,4 % par rapport au dollar mais s’est apprécié de +3,4 % vis-à-vis de l’euro.

Le chiffre de la croissance en 2015 devrait être annoncé courant février par la Banque centrale tunisienne, mais il ne devrait pas excéder -1 %.

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