Société

Gabon : pourquoi l’acte de naissance d’Ali Bongo Ondimba continue d’être contesté par sa demi-soeur

Deux mois après avoir eu accès à l’acte de naissance du président gabonais, Ali Bongo Ondimba, sa demi-soeur Onaida Maisha Bongo Ondimba a porté plainte en France pour « faux ».

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Mis à jour le 28 janvier 2016 à 09:19

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, au départ de la course cycliste Tropicale Amissa Bongo entre Cap Esterias et Libreville au Gabon, le 24 janvier 2016. © Xavier Bourgois/AFP

L’acte de naissance d’Ali Bondo Ondimba serait-il un « faux » ? En tout cas, c’est ce que prétend Onaida Maisha Bongo Ondimba, 25 ans, fille d’Omar Bongo et l’une des 54 héritiers déclarés de l’ex-président gabonais.

« Une plainte contre X pour faux et usage de faux a été déposée au parquet de Nantes la semaine dernière », a déclaré Éric Moutet, l’avocat de la demi-sœur de l’actuel président du Gabon. Le parquet a confirmé la réception de cette plainte.

L’acte de naissance d’Ali Bongo Ondimba (ABO) est également au cœur d’une vive controverse au Gabon à l’approche de la présidentielle prévue cette année : les détracteurs du président gabonais l’accusent d’avoir menti sur ses origines, ce qui pourrait l’empêcher de briguer un nouveau mandat.

Que dit l’acte de naissance d’ABO archivé en France ?

« À la suite d’un feu vert judiciaire le 12 novembre, [Onaida Maisha Bongo Ondimba] a pu consulter l’extrait de l’acte de naissance complet d’Ali Bongo, qui figure dans les archives du service central d’état civil du ministère français des Affaires étrangères, basé à Nantes », a expliqué Me Moutet.

Le document archivé à Nantes confirme la version officielle, à savoir qu’Ali Bongo Ondimba est né le 9 février 1959 à Brazzaville, capitale de l’ancienne Afrique équatoriale française (AEF), qui comprenait tout ou partie du Gabon, du Congo, du Tchad et de la République centrafricaine.

Pourquoi la demi-soeur n’est pas convaincue ?

Problème : Onaida Maisha Bongo Ondimba n’est pas convaincue de l’authenticité de l’acte de naissance d’Ali Bongo Ondimba qu’elle a consulté. « On s’attendait à avoir un document officiel. En réalité, c’est une photographie de registre, sans estampille officielle et qui n’est pas signé par l’officier de l’état-civil », a dénoncé son avocat.

« L’élément troublant supplémentaire, c’est la signature d’Omar Bongo, (…) qui est radicalement différente sur cet acte » et sur un autre, a poursuivi Me Moutet.

Il y a beaucoup trop de différences entre les trois actes de naissance divulgués, selon l’avocat d’Onaida Maisha Bongo Ondimba.

Trois actes de naissance d’Ali Bongo ont été divulgués, et « il y a au moins un document qui est faux, si ce n’est les trois », a-t-il avancé. « Il y a beaucoup trop de différences entre les trois, trop d’éléments troublants dans ce dossier pour ne pas demander une enquête approfondie », a lancé Me Moutet.

Que va faire le camp d’ABO ?

Me Claude Dumont-Beghi, avocate d’Ali Bongo Ondimba, a pour sa part dénoncé cette remise en question et annoncé son intention de « déposer une plainte pour diffamation et dénonciation calomnieuse ».

Une manière sans doute de tenter de mettre fin à une polémique qui dure depuis l’automne 2014 après la publication d’un livre du journaliste français Pierre Péan, Nouvelles affaires africaines, qui affirme qu’Ali Bongo Ondimba a falsifié son acte de naissance.