Politique

Soudan du Sud : les experts de l’ONU demandent des sanctions contre Salva Kiir et Riek Machar

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Mis à jour le 27 janvier 2016 à 11:04

Salva Kiir et Riek Machar le 9 mai 2014 à Addis-Abeba. © Zacharias Abubeker/AFP

Dans un rapport remis au Conseil de sécurité, des experts de l’ONU recommande de sanctionner le président du Soudan du Sud ainsi que le chef des rebelles, tous deux jugés responsables des violences commises pendant la guerre civile qui dure depuis deux ans. Ils proposent également d’imposer un embargo sur les armes sur le pays.

Salva Kiir le président du Soudan du Sud et Riek Machar le chef des rebelles « sont responsables de la majorité des violences commises depuis le début du conflit il y a deux ans », pointe du doigt le rapport d’un groupe d’experts de l’ONU transmis au Conseil de sécurité et dont l’AFP a eu copie.  » Ils ont le contrôle de leurs forces respectives » et les deux camps « ont entrepris régulièrement des actes et des politiques » qui les rendent passibles de « sanctions ciblées », signalent les experts.

Gel des avoirs, interdiction de voyager

Celles-ci consistent en un gel des avoirs et une interdiction de voyager. Deux autres chefs militaires, le chef d’état-major Paul Malong et le chef des services de sécurité intérieure Akol Koor, également accusés de graves exactions pourraient écoper des mêmes sanctions ciblées.

La décision revient à présent au Comité de sanctions. S’il décide de suivre ces recommandations, ce serait de loin la mesure la plus ferme jamais prise par les 15 membres du Conseil.

Salva Kiir et Riek Machar sont responsables de la majorité des violences commises

« Il existe des preuves claires et convaincantes que la plupart des actes de violence commis pendant la guerre, dont les attaques contre des civils, les violations du droit humanitaire international et des droits de l’homme, ont été ordonnées par des responsables au plus haut niveau du gouvernement et de l’opposition ou que ces responsables en avaient connaissance » affirme le rapport qui confirme également que les deux camps recrutent des enfants-soldats et utilisent le viol et l’enlèvement de femmes et de filles comme tactique de guerre.

Embargo sur les armes

Les deux camps cherchent toujours activement à se procurer des armes, même après la signature de l’accord de paix le 26 août dernier qui « n’a pas fait baisser la violence de manière significative », signale enfin le rapport.

Les forces gouvernementales ont ainsi commandé un quatrième hélicoptère d’attaque Mi-24 à une firme ukrainienne, Motor Sich, dans le cadre d’un contrat de 43 millions de dollars, et cherchent à acquérir quatre autres hélicoptères d’une firme ougandaise pour 35,7 millions. De leur côté, les rebelles ont reçu du Soudan des munitions, des armes et des uniformes.

À ce titre, le experts recommandent que le Conseil de sécurité « impose un embargo sur la livraison, la vente ou le transfert au Soudan du Sud » d’armes, de munitions, de véhicules militaires et de pièces détachées. Une mesure à laquelle, au sein du Conseil, l’Angola, la Chine et la Russie, sont réticents, expliquent des diplomates.