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Afrique de l’Ouest : la BCEAO se rallie à la finance islamique

| Par Jeune Afrique
Signature d'un protocole d'accord sur le financement des PME et PMI à Djeddah en Arabie Saoudite le 16 janvier, entre Khaled Al-Aboodi, directeur général de la SID, et Tiémoko Meyliet Koné, gouverneur de la BCEAO.

Signature d'un protocole d'accord sur le financement des PME et PMI à Djeddah en Arabie Saoudite le 16 janvier, entre Khaled Al-Aboodi, directeur général de la SID, et Tiémoko Meyliet Koné, gouverneur de la BCEAO. © SID

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID) ont signé un protocole d’accord portant sur un financement de 30 millions de dollars – potentiellement relevable à 100 millions de dollars – en faveur des PME de la sous-région.

Dans son programme de soutien aux petites et moyennes entreprises et petites et moyennes industries (PME-PMI) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA*), la BCEAO reçoit un contributeur de choix.

La Banque centrale et la SID ont signé, mi-janvier 2016 à Djeddah, un protocole d’accord qui prévoit que la filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID) apportera 30 millions de dollars au dispositif de soutien au financement des PME et PMI dans l’UEMOA, mis sur pied en septembre 2015.

Ce mécanisme prévoit notamment des incitations aux établissements de crédit à l’endroit des petites entreprises et industries et le développement d’outils de financement nouveau.

« La SID s’engage à porter le montant global de sa participation à 100 millions de dollars, en fonction de l’intérêt suscité par le projet au niveau des investisseurs et partenaires potentiels, par la mobilisation de ressources additionnelles », précise l’institution de finance islamique dans un communiqué publié le 25 janvier.

Rapprochement

C’est un nouveau signe de rapprochement entre la BID et la BCEAO. Les deux institutions avaient déjà signé, en septembre 2012, un protocole d’accord qui prévoyait une assistance technique de la Banque islamique de développement auprès l’institution ouest-africaine, et plus largement la promotion et le développement de la finance islamique dans les États membres de l’UEMOA, des outils dont ils commencent à se saisir.

En 2014, la BCEAO avait admis la recevabilité des obligations islamiques émises par l’État du Sénégal à ses guiches de refinancement. Fin 2015, la Côte d’Ivoire a émis avec succès son premier sukuk (obligations conformes aux règles de l’islam), pour un total de 150 milliards de F CFA (228,67 millions d’euros).

Ambitions

La Société islamique pour le développement du secteur privé joue un rôle complémentaire aux activités de la BID et des institutions nationales de financement dans les pays membres, en offrant des ressources au secteur privé conformément aux principes de la finance islamique.

Au terme de son exercice 2014, les lignes de financements ouvertes à 13 pays subsahariens par la SID s’établissaient à 468,2 millions de dollars, dont seuls 159,3 millions de dollars avaient été effectivement décaissés – d’abord au Nigeria (61,8 millions de dollars), en Mauritanie (58,1) et au Sénégal (28,6).

Au Maghreb, la SID intervient également en Algérie (23 millions de dollars de projets approuvés fin 2014), en Égypte (86,4 millions d’euros), en Libye (73 millions d’euros) et en Tunisie (23,3 millions).

* Les 08 États de l’UEMOA sont :  le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

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