Justice

Guinée : Amadou Oury Bah, vice-président de l’UFDG, de retour à Conakry après quatre ans d’exil

Des partisans de l'UFDG à Conakry. © Youssouf Bah/AP/SIPA

L'opposant guinéen Amadou Oury Bah, récemment gracié par le président Alpha Condé après une condamnation à perpétuité pour atteinte à la sûreté de l'État, est rentré dimanche à Conakry. Il était en exil depuis quatre ans en France.

Amadou Oury Bah a été accueilli à l’aéroport de Conakry par des parents et des militants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dont il est vice-président. L’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, le président du parti, était notamment présent.

« C’est un grand honneur pour moi de retrouver le pays qui m’a vu naître. Je suis très heureux de retrouver les hommes et les femmes, les amis qui m’ont accompagné et soutenu durant ces années d’exil », a déclaré Amadou Oury Bah.

« J’ai une pensée pieuse pour tous ceux qui n’ont pas pu être là parce que durant cette période, beaucoup sont morts, soit de maladie, soit dans les violences politiques », a-t-il ajouté, après s’être recueilli dans un cimetière de Conakry où sont inhumés 67 partisans de l’opposition, tués, selon cette dernière, depuis 2011 lors de violences politiques dans la capitale.

Gracié en décembre 2015

Amadou Oury Bah avait été condamné à perpétuité par contumace pour atteinte à la sûreté de l’État dans l’affaire de l’attaque du domicile privé du président Condé le 19 juillet 2011 à Conakry. Le domicile du président avait été attaqué de nuit par des inconnus, huit mois après son élection. Un membre de la garde présidentielle avait été tué.

Le vice-président de l’UFDG a bénéficié en décembre 2015 d’une grâce présidentielle, après quatre ans d’exil en France. Il a été gracié avec 170 personnes dont trois, un policier et deux civils, qui avaient écopé de peines de prison ferme en relation avec cette attaque.

Un retour pour une « décrispation » du climat politique guinéen

« Au-delà de ma petite personne, c’est la Guinée qui est en jeu, l’avenir de notre pays. Nous avons l’obligation politique et morale d’œuvrer pour une véritable décrispation pour qu’il n’y ait plus d’exilés et de détenus politiques », a déclaré Amadou Oury Bah.

« D’autres prisonniers ne sont pas encore libérés. Je travaillerai avec intelligence pour que tout le monde puisse recouvrir sa liberté et j’espère bien le plus rapidement possible », a-t-il poursuivi.

Cellou Dalein Diallo a pour sa part invité Amadou Oury Bah à faire preuve de tolérance. « Il y a des frustrations partout et pendant votre absence, le président guinéen Alpha Condé a tué plus de 60 militants de l’opposition », a-t-il cependant accusé.

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