Elections

Niger : qui sont les quinze candidats à la présidentielle ?

Des Nigériens font la queue pour voter, en 2009. © REBECCA BLACKWELL/AP/SIPA

La Cour constitutionnelle a validé quinze candidatures pour le premier tour de la présidentielle du 21 février au Niger. Jeune Afrique a dressé le portrait de chacun d'entre-eux.

Voici les quinze prétendants, classé dans l’ordre dans lequel ils apparaîtront sur le bulletin unique dévoilé par la Commission électorale nationale indépendante.

Abdou Labo (CDS RAHAMA)

Hama Boureima/AFP

Hama Boureima/AFP

Ex-ministre de l’Agriculture, Abdou Labo a été investi candidat à la présidentielle en novembre par la Convention démocratique et sociale (CDS), dont il a ravi le contrôle à l’ancien président Mahamane Ousmane, qui concourra donc sous les couleurs du MNRD.

Abdou Labo, dont le fief présumé se situe à Maradi, avait quitté le gouvernement après avoir été poursuivi, avec une vingtaine de personnes, pour « supposition d’enfants ». Ancien proche de Mahamane Ousmane, il est aujourd’hui considéré comme un soutien potentiel pour Mahamadou Issoufou en cas de second tour.

Ibrahim Yacouba (MPN KICHIN KASSA)

 TAGAZA DJIBO POUR J.A.

TAGAZA DJIBO POUR J.A.

Contrôleur des douanes formé à l’École nationale d’administration (ENA) du Niger, puis au Centre de formation douanière (CFD) de Casablanca, au Maroc, Ibrahim Yacouba est une personnalité de la scène syndicale, ancien de la Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN) et de la Coordination démocratique de la société civile nigérienne (CDSCN).

Promu directeur de cabinet adjoint de Mahamadou Issoufou, il a ensuite quitté son poste après avoir été exclu du parti présidentiel le 23 août 2015. Dans la foulée, il a créé le Mouvement patriotique nigérien, dont il a été investi candidat fin décembre pour la présidentielle.

Mahamane Ousmane (MNRD HANKOURI)

 TAGAZA DJIBO POUR J.A.

TAGAZA DJIBO POUR J.A.

Arrivé quatrième à la présidentielle de 2011 (8,33 % des suffrages exprimés au premier tour), l’économiste formé en France et aux États-Unis compte bien s’appuyer sur son expérience pour dénoncer le bilan économique, selon lui « désastreux », de Mahamadou Issoufou.

Fort de ses influences dans ses bastions historiques de Zinder, de Maradi et de Diffa, Mahamane Ousmane 66 ans, est le seul, avec le président sortant, à avoir déjà occupé le fauteuil de chef d’État : il avait été le premier président démocratiquement élu du Niger en 1993, renversé par un coup d’État militaire en 1996.

Mahamadou Issoufou (PNDS TARRAYA)

Tagaza Djibo/J.A.

Tagaza Djibo/J.A.

Il espère n’avoir besoin que d’un tour pour conserver le fauteuil qu’il occupe depuis 2011. Président sortant, Mahamadou Issoufou compte sur son bilan et sur ses deux principaux lieutenants, Mohamed Bazoum, son ministre d’État, et Hassoumi Massaoudou, son ministre de l’Intérieur.

Ses soutiens portent à son actif la paix qui règne dans le pays en dépit de l’insécurité sévissant dans la région, l’accord sur l’uranium avec le groupe Areva ou encore la construction de nouvelles infrastructures. Mais ses détracteurs lui prédisent d’ores et déjà le chaos s’il était élu au premier tour.

Seini Oumarou (MNSD NASSARA)

Tagaza Djibo/AP/SIPA

Tagaza Djibo/AP/SIPA

Arrivé deuxième à l’issue de la présidentielle de 2011, avec 41,96 % au second tour, le président du Mouvement national pour la société de développement (MNSD-Nassara) et chef de file de l’opposition compte bien contrecarrer la volonté de Mahamadou Issoufou d’accéder à un deuxième mandat.

Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion du secteur privé (1999-2004), puis de l’Équipement (2004-2007), Premier ministre, de juin 2007 à septembre 2009, le natif de Tillabéri espère représenter l’opposition au second tour, d’autant qu’Hama Amadou est toujours incarcéré.

Adal Rhoubeid (MDR TARNA)

Page Facebook d'Adal Rhoubeid.

Page Facebook d’Adal Rhoubeid.

Président fondateur du parti, Adal Rhoubeid a été désigné candidat à la présidentielle à l’unanimité des membres de la direction de la formation politique et des délégations des autres régions du pays, pour défendre les couleurs du MDR Tarna.

Parti fondé en 2014 à Tahoua, autour de la communauté touarègue, le MDR Tarna (qui signifie triomphe en Tamajak) participe à ses premières échéances électorales. « Le parti n’est affilié ni à l’opposition, ni  à la majorité présidentielle. Il est au centre », affirme son président. Présent à Ouagadougou lors de l’attaque de l’hôtel Splendid, il a été interpellé par les enquêteurs, qui tente d’éclaircir les circonstances de sa présence.

Mahamane Jean Padonou (CDP MARHABA)

Mahamane Jean Padonou se lance également dans la course, à la tête d’une jeune formation, la Convergence pour la Démocratie et le Progrès (CDP Marhaba), créée fin septembre 2014. Il espère notamment fédérer les électeurs en prônant une participation accrue des « jeunes et des femmes dans la conduite des affaires politiques ».

Ancien du MNSD, Mahamane Jean Padonou a ensuite été vice-président du RSD, avant de rejoindre le CDP, dont il a été investi candidat à Maradi.

Kassoum Moctar (CPR INGANCI)

Kassoum Moctar a été investi candidat à la présidentielle de début 2016, a annoncé lundi 16 novembre son parti, Convergence pour la République (CPR). Âgé de 37 ans et considéré comme proche de l’opposition, il est ancien ministre de la Communication, poste qu’il a occupé de 2009 à 2010.

En 2011, il avait été élu, en tant que membre du Rassemblement social démocrate de Cheiffou Amadou, président du Conseil de Maradi. Accusé de « corruption » présumée, il avait cependant été incarcéré durant six mois à Kollo, près de Niamey, avant de bénéficier, fin mai, d’une liberté provisoire accordée par la justice. Il avait ensuite été déchu de son poste, avant de claquer la porte du RSD pour créer le CPR, en espérant conserver son influence dans la ville de Maradi.

Laouan Magagi (ARD ADALTCHI MUTUNTCHI)

Le parti Alliance pour le renouveau démocratique ARD Adaltchi-Mutuntchi, a choisi Laouan Magagi pour le représenter lors de la présidentielle. Si c’est une première pour le candidat, ce n’est en revanche pas le cas pour cette formation, créée le 12 avril 2010 et qui avait tenu son premier congrès à Zinder.

Issoufou Ousmane Oubandawaki avait ainsi été son candidat lors de la présidentielle 2011. Il avait rassemblé 1,93% des voix au premier tour puis s’était rallié à Seini Oumarou lors du second.

Tahirou Guimba (MODDEL MA’AYKATA)

Loin d’être un novice dans le marigot politique nigérien, Tahirou Guimba est un ancien du MNSD-Nassara, dont il avait espéré obtenir l’investiture en 2011. Après un bras de fer qui les avaient menés jusque devant les tribunaux, il avait cependant été devancé par Seini Oumarou. Tahirou Guimba avait alors créé le Moddel Ma’aykata (Mouvement démocratique pour le développement et la défense des libertés), espérant profiter de son ancrage locale à Filingué, dont il a été le maire.

Tahirou Guimba a été investi candidat de cette formation à l’élection présidentielle, lors d’un congrès le 24 avril 2015, à Filingué, à 180 kilomètres de Niamey.  «Le Moddel Ma’aykata se porte bien et aspire à porter un vrai changement dans le paysage politique nigérien en perpétuelle mutation», avait-il déclaré lors de sa désignation, en espérant incarner une troisième voie entre le pouvoir actuel et l’opposition.

Cheiffou Amadou (RSD GASKIYA)

Ancien médiateur national, poste dont il a récemment démissionné, Cheiffou Amadou, ancien Premier ministre de la Transition et ancien ministre de la Défense, a plusieurs fois été candidat à l’élection présidentielle. Membre fondateur de la Convention démocratique et sociale aux côtés de Mahamane Ousmane, il avait soutenu, en 2011, Mahamadou Issoufou, au second tour.

Ingénieur de navigation aérienne de formation de 73 ans, ce Peul de la région de Maradi a été investi par le Rassemblement social démocrate (RSD), la formation qu’il a fondée en 2004.

Mahamane Hamissou (PJD HAKIKA)

Mahamane Hamissou, 52 ans, a été investi candidat lundi 14 décembre à la présidentielle de février 2016 par le Parti pour la justice et le développement (PJD), qu’il a créé en 2013. Il avait auparavant dirigé la Coordination de la société civile du Niger (CSCN) pendant sept ans.

Très critique envers le pouvoir en place, il avait démissionné en 2012 de son poste de vice-président de la Haute autorité de lutte contre la corruption, créée en 2011, en raison de « désaccords » avec le président Mahamadou Issoufou. Il s’est depuis rapproché de l’opposition, dont il pourrait soutenir le candidat en cas de second tour.

Abdoulaye Traoré (PPNU)

Natif de Téra, dans la région de Tillabéry, Abdoulaye Amadou Traoré participe à sa deuxième élection présidentielle. Alors inconnu du grand public, il s’était présenté, en 2011, où il avait obtenu 0,54% des voix. Titulaire d’un doctorat en médecine, il représente en 2016 le Parti du Progrès pour un Niger Uni, et espère faire mieux que l’avant-dernière position obtenue il y a cinq ans.

Hama Amadou (MODEN LUMANA)

Vincent Fournier pour J.A.

Vincent Fournier pour J.A.

Sa candidature a bien été validée mais l’horizon ne s’est pas pour autant éclaircie pour Hama Amadou. L’ancien président de l’Assemblée nationale, candidat du Mouvement démocratique nigérien (Moden Lumana), faisait figure de principal adversaire à Mahamadou Issoufou, dont il avait grandement contribué à l’élection en 2011, alors qu’il était arrivé troisième à la présidentielle et avait pris la position du faiseur de rois.

Cette fois, il n’a cependant pas pu faire campagne, étant incarcéré depuis la mi-novembre à Filingué, à 180 kilomètres au nord-est de Niamey. Soupçonné de supposition d’enfants, il n’a toujours pas été présenté à un juge, selon ses avocats, qui dénoncent une détention politique. Plusieurs de ses proches ont été entendus par la police dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’État que le pouvoir affirme avoir déjoué en décembre.

Amadou Boubacar Cissé (UDR TABBAT)

AFP

AFP

Souvent surnommé « ABC », Amadou Boubacar Cissé est le président de  l’Union pour la démocratie et la République (UDR-Tabbat), dont il a été investi candidat pour la présidentielle. Il s’était présenté en 2011 avant de soutenir l’actuel président, Mahamadou Issoufou au second tour.

Début septembre, le chef de l’État l’a limogé de son poste de ministre d’État du Plan qu’il occupait depuis plus de quatre ans. Ancien Premier ministre, plusieurs fois ministre, cet économiste de 67 ans, passé par la Banque mondiale et la Banque islamique de développement, s’était notamment opposé au camp du président au sujet du dossier Bolloré. Il a été brièvement interpellé le 31 décembre dernier, mais relâché quelques heures plus tard.

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