Sécurité

Attentat de Ouagadougou : le cauchemar des employés rescapés du Cappuccino

L'entrée du salon de thé le Cappuccino, dimanche 17 janvier à Ouagadougou, deux jours après l'attaque terroriste. © Sunday Alamba / AP / SIPA

Les employés du Cappuccino, l’un des deux établissements pris pour cible par les auteurs de l’attaque terroriste de Ouagadougou vendredi dernier, restent traumatisés par ce qu’ils ont vécu. Témoignages.

Le Cappuccino, ce salon de thé et restaurant fréquenté par des expatriés et les hommes d’affaires de Ouagadougou a été totalement dévasté par l’attaque terroriste du 15 janvier, qui a fait 30 morts.

Pris d’assaut par le commando qui a également attaqué l’hôtel Splendid à Ouagadougou, l’établissement compte cinq morts parmi son personnel ou des proches : un employé, Mamadou Sigue, et quatre membre de la famille du propriétaire italien, Gaetano Santomenna, dont son épouse et son fils de 9 ans.

J’ai senti que mon bras tremblait et que du sang en coulait

Un bandage recouvre son bras droit qu’il tend péniblement. Jacques Rigobert Bationo, serveur stagiaire, prenait les commandes des clients au bar du restaurant quand le commando terroriste a fait irruption. « J’ai d’abord entendu du bruit. Quand je me suis retourné, les détonations se sont intensifiées. Là, j’ai senti que mon bras tremblait et que du sang en coulait. J’ai couru vers le couloir menant du Cappuccino au ShowBiz et une voix à dit : ‘couchez-vous!’.

Puis, un vigile du ShowBiz a ouvert le portail et on a pu s’échapper », explique-t-il. Le jeune homme a ensuite attendu avec ses collègues survivants près du périmètre de sécurité formé par les forces de l’ordre pour récupérer ce qu’il restait de ses effets personnels. « Je suis secoué moralement. Parfois je sursaute sans raison à la maison », dit-il.

J’ai marché sur des cadavres pour me sauver

Le personnel rescapé évoque une autre scène tragique. Emmanuel Nikiema, un serveur de 35 ans, a eu la vie sauve en s’enfermant dans les toilettes. »J’ai marché sur des cadavres pour me sauver. Mon collègue qui était enfermé avec moi dans les toilettes, a été brûlé par les flammes. J’ai eu la plus grande peur de ma vie. Dans ma tête, tout était fini. Je me disais : ‘je vais mourir, je vais mourir’, raconte-t-il en sanglots. Il explique que les assaillants ont exécuté les clients qui étaient face contre terre à l’intérieur du salon de thé avant de l’incendier.

« C’est quand ils ont fini de les tuer qu’ils ont mis le feu. Et comme on étouffait dans les toilettes, j’ai décidé de défoncer la porte. Mais la salle était en flamme, on ne voyait presque rien. C’est ma connaissance des lieux qui m’a guidé », confie-t-il, visiblement submergé par l’horreur de ses souvenirs. Et d’ajouter : « Notre chance a été que les terroristes n’ont pas su que nous étions dans les toilettes ». Une collègue d’Emmanuel, Sali Kondia, qui était sur la terrasse lors de l’attaque, est quant à elle toujours effondrée. « Je me sens désespérée. Les patrons sont… ». À ces mots, la jeune fille fond en larmes avant de se reprendre : « Je n’arrive plus à dormir. Je suis stressée et j’ai peur ».

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte