Banque

Afrique subsaharienne : Fitch anticipe une pression accrue sur le secteur bancaire

Guichet de la banque Ecobank à Abidjan. © Olivier pour J.A.

L'agence de notation financière américaine table sur une perspective négative du secteur bancaire dans les établissements des 18 pays d'Afrique subsaharienne dont elle suit les performances financières. "La pression va s'accentuer", dit-elle dans un rapport publié mi-janvier.

À rebours de l’optimisme, certes mesuré, affiché l’an dernier, Fitch a placé une perspective négative pour le secteur de la banque en Afrique subsaharienne en 2016, dans le contexte d’une pression croissante sur la notation des États : 5 des 18 États notés par l’agence américaine, le Nigeria (‘BB-‘), le Kenya (‘B+’), le Ghana (B) le Lesotho (‘BB-‘) et le Congo-Brazzaville (‘B+’) ont une perspective négative.

« La baisse des prix des matières premières, des taux de croissance hésitants, la dépréciation des monnaies nationales, l’instabilité politique mettront la pression sur la notation des États et par conséquent sur les profils de risques des banques de ces pays », anticipe l’agence américaine de notation financière dans un rapport publié mi-janvier.

Profitabilité en recul

Leur profitabilité va reculer, croit savoir Fitch, à l’exception de l’effet positif ponctuel de la hausse anticipée des taux d’intérêt qui préservera pour partie les marges. Au point d’envisager de nouveaux déclassements ? « Cela ne se traduira pas sur de nouvelles baisses de notation étant donné les niveaux actuels des notes souveraines dans la région qui se situent généralement déjà autour de ‘B’ (niveau spéculatif, Ndlr) – seules les banques sud-africaines et mauriciennes ayant des notes placées dans la catégorie dite d’investissement », répond Fitch.

Si la hausse des dépôts se poursuivra du fait de la bancarisation progressive de larges pans de la population qui n’y ont pas accès (18% d’adultes dans la région avaient un compte bancaire ouvert dans une banque commerciale en 2013), la part de crédits insolvables ira croissante en conséquence de secteurs pétrolier et minier en forte contraction. « Nous constatons déjà une part croissante de crédits en souffrance dans les secteurs du négoce et de l’industrie manufacturière qui sont des domaines d’intervention par excellence des banques subsahariennes », écrit Fitch.

Autre facteur de détérioration des actifs bancaires, la dépréciation des monnaies qui ajoutera au coût de refinancement en devises étrangères, déjà attendu à la hausse en 2016, et pèsera sur le ratio des capitaux propres ramenés aux actifs, quoique normés par des planchers réglementaires. « Ce sera un problème encore plus certain en 2017 et 2018 », avance l’agence.

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