Justice

Attentats de Paris : l’arrestation du Belgo-Marocain Jalal Attar laisse des questions en suspens

Un blessé évacué lors des attentats de Paris, le 13 novembre 2015.

Un blessé évacué lors des attentats de Paris, le 13 novembre 2015. © Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

Jalal Attar, un Belgo-Marocain proche des membres du commando terroriste ayant perpétré les attentats de Paris, a été arrêté au Maroc. Selon le parquet belge, il y résidait depuis 2013 et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis juillet 2015.

Que savait-il sur les attentats de Paris ? Que faisait-il lors des attentats du vendredi 13 novembre à Paris ? Depuis quand résidait-il effectivement au Maroc ? Le cas de Jalal Attar n’a pas encore livré tous ses secrets.

Le Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), aile judiciaire des services secrets marocains, s’est en effet contenté d’annoncer, lundi 18 janvier, « l’arrestation à Mohammedia d’un ressortissant belge d’origine marocaine en relation directe avec certains auteurs des attentats de Paris », sans même révéler son nom, se contentant de ses initiales.

C’est le parquet fédéral de Belgique qui a par la suite révélé l’identité de Gelel Attar (Jalal, pour les Marocains).

Des liens avec le commando de Paris

Âgé de 26 ans, l’homme avait été condamné par contumace, en juillet 2015, à cinq ans d’emprisonnement dans le procès de la filière syrienne à Bruxelles, où Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh, membres du commando de Paris, comparaissaient. C’est d’ailleurs avec ce dernier qu’Attar était parti en Syrie en 2012.

Chakib Akrouh s’est fait exploser lors d’un assaut des forces de l’ordre à Saint-Denis – dans lequel est également mort Abdelhamid Abaaoud – et a été identifié comme le conducteur de la Seat noire ayant transporté plusieurs terroristes le 13 novembre.

Selon le communiqué du ministère de l’Intérieur marocain, Jalal Attar s’était engagé dans un premier temps dans les rangs de « Jabhat Al Nosra » (Front de la victoire), une mouvance créée par des jihadistes marocains, avant de rejoindre les troupes de l’État islamique.

Arrivé au Maroc en 2013 ?

Selon le parquet belge, Jalal Attar n’aurait pas séjourné longtemps en Syrie, où il est arrivé en 2012. Eric Van Sypt, porte-parole du parquet fédéral a déclaré au quotidien Le Soir que l’homme était rentré en Belgique, en mai 2013, avant de rallier le Maroc, en juin de la même année.

Rabat affirme de son côté qu’Attar est rentré au Maroc via les Pays-Bas, après un passage par l’Allemagne, sans pour autant préciser sa date d’arrivée au royaume.

Des questions en suspens

Si les informations du parquet belge sont exactes, et que  Jalal Attar a bien séjourné au Maroc depuis juin 2013, le Belgo-Marocain pourrait donc avoir déjoué la vigilance des services du Royaume chérifien, en particulier depuis sa condamnation, en juillet dernier, dans le procès de la filière syrienne de Bruxelles. Selon la justice belge, il faisait depuis l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Autres interrogations : Jalal Attar est-il resté en contact avec ses anciens « frères d’armes » qui ont perpétré les attentats de Paris ? A-t-il pu jouer un rôle dans les événements du 13 novembre ? Des questions auxquelles l’enquête du BCIJ marocain aura pour objectif de répondre.

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