Environnement

Tunisie : manifestation à Sfax pour la fermeture d’une usine de transformation des phosphates

Le port de Sfax en 2011. Les habitants de la ville dénoncent la dégradation de l'environnement causée par les gaz toxiques de la Siape. © Emilio Morenatti / AP / SIPA

« Non à la Siape ! » L’appel lancé par les habitants de Sfax pour l'application de la décision de fermer une usine de transformation des phosphates a résonné jeudi dans les rues de cette grande ville du centre de la Tunisie.

Plus de 3 000 personnes ont manifesté à Sfax, le jeudi 14 janvier 2016. Il ne s’agissait pas pour elles de commémorer les cinq ans du soulèvement tunisien mais d’imposer une action citoyenne commune exigeant le démantèlement de la Société industrielle d’acide phosphorique et d’engrais (Siape).

Implantée depuis 1952 au sud de la ville, cette usine de transformation des phosphates produit du triple super phosphate (TSP) à partir de l’acide phosphorique et profite de la proximité du port pour ses exportations. Mais cette entreprise du Groupe chimique tunisien (GCT) est surtout connue pour avoir largement dégradé l’environnement en faisant notamment planer sur la ville un nuage de pollution constant.

Pour l’agglomération, c’est une souffrance telle que les Sfaxiens, après s’être longtemps indignés, se sont organisés pour imposer sa fermeture comme ils l’avaient fait en 1993, obtenant l’arrêt d’une usine similaire, la NPK, qui a laissé place, après assainissement, au projet urbanistique Taparura. Entre temps, la Siape a continué à projeter ses émanations jaunâtres, car la décision de la fermer, prise en 1997, n’a encore jamais été mise en œuvre depuis.

Délocalisation d’ici à 2018 ?

Depuis, les choses ont changé. Après l’insurrection populaire de 2011, Sfax est entrée dans une autre ère. Conscients d’avoir été laissés pour compte durant cinq décennies, les Sfaxiens ont choisi la mobilisation citoyenne pour sauver leur région, second pôle économique du pays après Tunis. Ce 14 janvier, avec une grande détermination, des composantes de la société civile, le délégué de la région, le maire de la ville et la Coordination régionale de l’environnement et du développement à Sfax ont défilé, toutes couleurs politiques et âges confondus, pour faire pression sur l’exécutif afin de faire disparaître la Siape du paysage urbain.

Pourtant, la décision d’une délocalisation, d’ici à 2018, de l’usine à El Mdhilla dans le gouvernorat de Gafsa, centre d’extraction du phosphate en Tunisie, a été de nouveau récemment entérinée par le gouvernement de Habib Essid. « Nous ne nous contentons plus de promesses, réagit Amine Charfi, un militant associatif. Tant que la Siape n’a pas mis la clef sous la porte, la mobilisation citoyenne se renforcera pour réclamer son départ ». Restera alors à trouver une solution pour redéployer les 400 employés de l’usine.

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