Tourisme

La BAD appelle à « libérer le potentiel touristique de l’Afrique »

Vue de la place Jemaa el-Fna de Marrakech, au Maroc. © Luc Viatour/Wikimedia Commons

La 3e édition d'un rapport annuel de la Banque africaine de développement (BAD) sur le tourisme en Afrique, fait du Maroc, de l'Égypte, de l'Afrique du Sud, de la Tunisie et du Zimbabwe les cinq destinations touristiques africaines les plus prisées selon les dernières données consolidées (2014).

65,3 millions de touristes en 2014, selon des données arrêtées en juin 2015, soit 200 000 de plus qu’en 2013 où le total des 54 pays africains s’établissaient à 65,1 millions, voilà le total de touristes décomptés par la Banque africaine de développement dans la 3e édition de son Africa Tourism Monitor, son rapport annuel sur le sujet, établi avec le Africa House, un institut universitaire new-yorkais et l’association du voyage en Afrique, l’ATA, elle basée à Washington. L’édition 2015 du rapport est placée sous la thématique « libérer le potentiel touristique de l’Afrique ».

Le Maroc, l’Égypte et l’Afrique du Sud continuent de se tailler la part du lion des entrées touristiques avec près de 10 millions de visiteurs par an, devant la Tunisie (6,07 millions en 2014) et le Zimbabwe (1,88 millions).

Un quinté de tête revisité par rapport aux deux premières éditions du rapport, dans lesquelles l’Algérie figurait au cinquième rang des pays africains les plus visités avec 2,73 millions, 2,63 millions et 2,4 millions de touristes en 2011, 2012 et 2013 respectivement, selon le rapport de la BAD. « Selon les données disponibles dans les deux précédentes éditions du rapport, nous anticipions que l’Algérie, le Mozambique ou le Kenya figureraient dans la liste des pays africains les plus visités », avance sans plus de précisions le rapport de la BAD, qui ne donne par ailleurs aucune liste détaillée pays par pays du nombre de visiteurs en Afrique.

Qualité des données

L’institution panafricaine se félicite dans son étude du quadruplement des touristes en Afrique depuis 1990, date à laquelle ils étaient 17,4 millions. Le rapport note également que, malgré les nombreuses alertes sécuritaires adressés aux touristes à destination de l’Afrique et les risques sanitaires dont le virus Ebola, les flux de voyageurs continuent de progresser.

Il est important de noter, toutefois, que la période couverte dans ce rapport s’arrête à fin 2014 et ne prend donc pas en compte les nombreux développements observés durant l’année écoulée, notamment l’impact d’attentats récents, par exemple en Égypte, où le crash d’un avion russe dans le Sinaï pour lequel l’hypothèse d’une bombe est privilégiée, ou les attaques du musée du Bardo et de Sousse, en Tunisie, dont l’impact sur le secteur touristique africain pourrait être durable.

43,6 milliards de dollars

Le rapport de la BAD fait état de 43,6 milliards de dollars de devises étrangères apportés par la manne touristique en 2014. Le secteur représente une part estimée à 8,1 % du PIB des économies africaines et environ 20 millions d’emplois directs et indirects.

Des chiffres impressionnants, même si le poids du continent dans l’industrie touristique mondiale reste faible. Seuls 5,8 % du total des touristes recensés en 2014 (1,13 milliard en hausse de +4,3 % sur un an) vont en Afrique et le continent ne capte que 3,5 % du marché mondial (1 245 milliards de dollars).

Difficultés

Dans les obstacles déjà connus, le rapport rappelle l’incidence des difficultés de transport à l’intérieur du continent et leur coût encore élevé.

Le rapport salue les démarches visant à simplifier les obtentions de visas ou à les regrouper entre pays, à l’instar du projet de visa unique entre les pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), les visas communs à la Zambie et au Zimbabwe, ou encore au Kenya, à l’Ouganda et au Rwanda.

« Ces programmes de facilitation des procédures d’obtention de visas pourraient faire croître les emplois et les revenus générés par le tourisme de 5 % à 25% », estime le document.

En ligne

Par ailleurs, le développement du tourisme se joue également en ligne, rapporte le groupe de sites de voyage Expedia, également associé aux résultats de l’étude. Si le nombre de réservations pour des séjours africains effectués via l’un de ses sites n’est pas précisé, le groupe en détaille les origines et les destinations.

Au hit parade des touristes à destination de l’Afrique par ce canal, figurent les Américains, les Britanniques et les Français, devant les Sud-Africains et les Allemands, avec pour lieux de villégiature préférés Marrakech, Cap, mais aussi Le Caire et sa très touristique consœur égyptienne Hurghada, sur la mer Rouge.

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