Elections

Tunisie : Nidaa Tounes tient son congrès sur fond de crise interne

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, à Tunis, le 6 février 2015. © Hassene Dridi /AP/SIPA

Nidaa Tounes, parti au pouvoir en Tunisie, tient depuis hier 9 janvier son congrès constitutif sur fond de crise aiguë sur son leadership et dans laquelle le fils du chef de l'État, Hafedh Caïd Essebsi, semble avantagé.

Organisé les 9 et 10 janvier à Sousse, le congrès constitutif de Nidaa Tounes, censé préparer le congrès électif prévu en juin 2016, a été le moment des grandes interrogations sur l’avenir du parti au pouvoir.

Placé sous le label de la fidélité, il a attiré pas moins de 1400 congressistes, dont certains se sont demandé ce qu’il restait du projet destourien, de l’esprit bourguibien et des valeurs républicaines de leur parti face à ceux qui entendent imposer le courant mené par Hafedh Caïd Essebsi, fils de Béji.

Les démissions se poursuivent

Depuis plusieurs mois, le parti est déchiré par la rivalité entre son ancien secrétaire général, Mohsen Marzouk – qui a annoncé sa démission de son poste en décembre – et le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi, accusé de vouloir succéder à son père.

Mais les mouvements de défection n’ont pas cessé. Le 8 janvier, 17 députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), ont présenté leur démission en vu de créer un nouveau groupe parlementaire, protestant contre la mainmise du fils du président de la République, Béji Caïd Essebsi (BCE), sur le parti. En novembre, ils étaient 31 à avoir évoqué cette possibilité. Ces défections en masse risquent de chambouler les équilibres politiques entre les élus de Nidaa et ceux d’Ennahdha.

BCE joue la carte de la mobilisation

Lors de la séance inaugurale de ce congrès constitutif, Béji Caïd Essebsi, le fondateur du parti, a appelé les membres de sa formation à l’unité en mettant de côté leurs divergences. Il a assisté au congrès en tant qu’invité d’honneur, respectant sa prestation de serment du 9 janvier, où il s’est engagé à ne pas avoir de position partisane. Mais en tant que fondateur du parti, il a tenu un discours mobilisateur afin d’éviter que sa formation ne vole en éclats.

Nidaa et Ennahdha, les deux ailes d’une même colombe ?

Plusieurs personnalités du monde politique tunisien ont assisté à ce congrès, dont Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha. Sa présence a choqué de nombreux congressistes d’autant qu’il a pris la parole pour féliciter le parti et souligné que « Ennahda et Nidaa étaient les ailes de la colombe en Tunisie ».

« C’est une trahison politique ! C’est honteux. Je quitte le congrès ! », assène Sonia qui a voté Nidaa Tounes pour contrer le projet conservateur des islamistes.

Une représentation contestée

Les militants, arrivés en bus depuis les différentes régions, se sont également plaints de la constitution des organes dirigeants du parti. Ils réclamaient une représentativité au sein du bureau exécutif et des commissions, mais « tout a été organisé à l’avance », selon Boujemaa Remili, porte-parole de Nidaa Tounes, qui reconnaît que les listes étaient prêtes bien avant le Congrès. « Pourquoi nous a-t-on fait venir ? Pour constater que les méthodes sont toujours aussi anti-démocratiques ? » s’insurge Ali, un membre du bureau de Souassi (centre de Tunis).

Nidaa Tounes n’est certainement pas sorti de la tourmente, mais une chose est sûre : le camp de Hafedh Caïd Essebsi continue sa mainmise sur le parti ; ce que devrait confirmer l’issue des travaux du Congrès qui s’achèvent ce dimanche 10 janvier.

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