Agroalimentaire

Maroc-UE : durcissement du bras de fer autour de l’annulation de l’accord agricole et de pêche

Préparation des filets de pêche sur le nouveau port de Dakhla (Maroc).JA © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Pour faire pression sur l’Union européenne, le Maroc a mis en stand-by son agenda de réunions avec les institutions de Bruxelles pour les pousser à obtenir rapidement la révision de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne annulant l’accord agricole et de pêche. La tension monte...

« Le Maroc ne veut pas suspendre ses relations avec l’Union européenne. Il cherche à les recadrer dans l’interêt du pays », a déclaré à Jeune Afrique Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement marocain, en réaction à la décision de Rabat de suspendre « jusqu’à nouvel ordre » toute réunion programmée dans son agenda avec Bruxelles.

Le 05 janvier, la presse marocaine s’est fait l’écho d’une note envoyée le 23 décembre par Mbarka Bouaida, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, à tous les départements ministériels leur demandant « la suspension immédiate » de toute participation aux réunions inscrites à leur agenda bilatéral avec l’UE, en plus de « l’abstention de tout échange ou contact avec la délégation européenne à Rabat, et ce jusqu’à nouvel ordre », a révélé le quotidien Les Inspirations Éco.

Recadrage

Sans démentir l’existence de cette note, le porte-parole du gouvernement marocain assure que le royaume va vers « une canalisation » et « un recadrage » de ses relations avec l’UE. Autrement dit : bien que les réunions bilatérales aient été mises en stand-by, les relations diplomatiques sont sauvegardées.

De toute évidence, Rabat cherche à faire pression sur ses partenaires européens pour les pousser à obtenir rapidement une révision de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) annulant dans la région du Sahara l’accord agricole et de pêche entre le Maroc et l’UE.

« Nous faisons confiance à nos partenaires européens pour qu’ils corrigent cette décision injuste à notre égard », a indiqué Mustapha El Khalfi à Jeune Afrique.

Un accord controversé

Suite à une requête du Front Polisario, la CJUE a rejeté l’accord de libéralisation des échanges agricoles et de pêche entre le Maroc et le conseil de l’UE signé en 2012, estimant qu’il ne présentait pas les garanties nécessaires pour que l’exploitation des ressources de la région du Sahara profite aux populations de cette région.

Outré par cette décision, le Maroc a demandé aux responsables européens de prendre une position claire et ferme vis-vis-de la décision de la CJUE, à défaut de quoi le royaume reverrait « l’ensemble de ses relations bilatérales » avec l’UE.

Le 14 décembre, les ministres européens du conseil de l’UE ont décidé de faire appel à l’arrêt rendu par cette Cour et se sont engagés à introduire « des mesures provisoires afin d’assurer la sécurité juridique de leur accord avec le Maroc ».

Le Maroc entend bien obtenir la réalisation concrète de ces engagements. Et ne compte pas baisser la garde.

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