Politique

Violences policières à Djibouti : la FIDH réclame une enquête

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Mis à jour le 6 janvier 2016 à 10:52

Ismaïl Omar Guelleh, le chef de l’État © Vincent Fournier/J.A.

Pour éclaircir les circonstances des affrontements survenus le 21 décembre lors d’une intervention policière à Djibouti, ayant fait « au moins 27 morts » selon les ONG, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) a demandé mardi la mise en place d’une commission d’enquête.

Beaucoup de zones d’ombre planent encore sur les affrontements du 27 décembre à Djibouti. Deux semaines après les faits, le bilan reste contesté : au moins 7 morts et 70 blessés, selon le parquet alors que la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et les ONG locales parlent d’un « massacre » qui a fait « au moins 27 morts et environ 150 blessés ».

Pour tirer les choses au clair, la FIDH a appelé, le 5 janvier, à la mise en place d’une commission d’enquête internationale.

De violents affrontements avaient éclaté le 21 décembre après l’intervention de la police lors d’une cérémonie traditionnelle organisée à Buldhoqo, près de Balbala, en périphérie de la capitale Djibouti-Ville.

« Accroissement de la répression »

« [Les forces de l’ordre] ont tiré avec des balles en résine et il y a eu trois blessés hospitalisés » dont Ahmed Youssouf Houmed, le président de l’Union pour le salut national (USN), une coalition de sept partis d’opposition, selon Florent Geel, responsable Afrique de la FIDH.

L’un des blessés, l’ancien ministre des Affaires musulmanes Hamoud Abdi Souldan, a été arrêté après avoir été soigné et serait toujours détenu à la prison centrale de Gabode.

Le secrétaire général de l’USN, Abdourhaman Mohamed Guelleh, a lui aussi été interpellé et est écroué depuis le 21 décembre, selon l’USN.

Le dialogue politique est au point mort

Un membre fondateur de la Ligue djiboutienne des droits de l’Homme (LDDH – affiliée à la FIDH), Omar Ali Ewado, a lui été arrêté le 30 décembre après avoir publié un bilan actualisé des affrontements, selon l’USN et la FIDH.

À l’approche de l’élection présidentielle prévue en avril, « le dialogue politique est au point mort et on observe un accroissement de la répression à l’encontre des opposants mais aussi contre toutes les voix discordantes : journalistes, défenseurs des droits de l’homme, avec des arrestations, des procédures judiciaires abusives », a dénoncé Florent Geel.

Regrettant « des protestations de façade mais peu de véritables pressions » de la communauté internationale, la FIDH reclame son implication « dans l’organisation d’un processus électoral qui soit crédible, pluraliste, libre et transparent ».