Diplomatie

Iran – Arabie saoudite : la presse maghrébine entre condamnations et appels à la prudence

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Mis à jour le 04 janvier 2016 à 17h00
Le 3 janvier, les Iraniens ont manifesté contre l'exécution en Arabie Saoudite du leader religieux chiite Nimr Baqer Nimr .

Le 3 janvier, les Iraniens ont manifesté contre l'exécution en Arabie Saoudite du leader religieux chiite Nimr Baqer Nimr . © Vahid Salemi/AP/SIPA

Le monde musulman commence la nouvelle année sur fond d’escalade entre l’Iran et l’Arabie saoudite après l’exécution le 2 janvier à Riyad du chef religieux chiite Nimr al-Nimr, figure emblématique de la contestation contre le régime saoudien. L’onde de choc a gagné la presse maghrébine qui n’a pas tardé à réagir. Revue de presse.

Ce 4 janvier, la presse algérienne a tiré à boulets rouges sur le régime saoudien, engageant sa responsabilité dans cette nouvelle escalade que connaît le Proche-Orient depuis l’exécution le 2 janvier à Riyad de l’icône de la cause chiite Nimr Baqer al-Nimr. « Il apparaît de plus en plus clairement que le wahhabisme est la nouvelle plaie de l’humanité », écrit sans détour l’éditorialiste du journal algérien El Watan.

« Depuis qu’ils (les Saoudiens, ndlr) se sont enfoncés dans le bourbier yéménite, une opération qu’ils croyaient une balade, ils veulent mobiliser le monde sunnite dans des aventures sans issue. C’est peut-être le commencement de la fin d’une dynastie allergique au monde moderne et qui ne peut évoluer que dans l’obscurantisme tout en entraînant les Arabes avec elle ».

Moins tranché dans sa position, le journal algérien l’Expression se pose des questions sur les origines de cette vague de violence qui traverse le monde arabe : « Point n’est besoin de juger qui a tort ou qui a raison tant est affligeante cette tendance de certains pays arabes et musulmans à s’autodétruire ».

Prudence marocaine

Plus nuancée mais surtout plus prudente, la presse marocaine a repris le communiqué du ministère des Affaires étrangères marocain au lendemain de l’exécution du leader chiite saoudien, exprimant son inquiétude face aux événements. Dans ce communiqué, le royaume du Maroc, qui entretient des rapports étroits avec l’Arabie saoudite dont son engagement militaire à ses côtés dans sa guerre contre les Houthis au Yemen, a dit suivre « avec beaucoup d’attention » l’évolution de la situation et exprimé sa crainte que « les débordements en cours ne prennent une dimension ingérable dans les heures et les jours qui suivent ».

La Tunisie redoute le chaos

Jouant aussi la carte de la prudence, la presse tunisienne a attiré l’attention sur les risques de déstabilisation que peut engendrer une telle escalade. « Le pire est à venir », écrit l’éditorialiste du quotidien La Presse de Tunisie. Un quelconque conflit entre ces deux super-puissance musulmanes se transformera en «grande fitna», soit le chaos et la fin du monde musulman, s’alarme le journal qui appelle à une médiation « constructive » de la Tunisie dans ce conflit.

Évitant aussi de prendre une position frontale, le journal tunisien Assabah a préféré attirer l’attention sur la course aux exécutions des condamnés à mort que se livrent l’Iran et l’Arabie saoudite, tous les deux classés deuxièmes après la Chine dans les rapports d’Amnesty International. « Iran/Arabie Saoudite : Qui des deux exécute le plus? », titre sur un ton ironique le journal tunisien, sous-entendant l’idée de leur responsabilité partagée dans ce conflit.

La Mauritanie critique Téhéran

La presse mauritanienne a repris la position officielle de Nouakchott, franchement pro-saoudienne. Dans un communiqué publié le 4 janvier, le Ministère des Affaires étrangères mauritanien a dénoncé « les actes de vandalisme contre les représentations diplomatiques saoudiennes en Iran » et « a rappelé que le respect de la souveraineté nationale et la non-ingérence dans les affaires intérieures de pays demeurent de principes essentiels dans le droit international et dans les traditions diplomatiques établies ».

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