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Cet article est issu du dossier «Rétro : l'Afrique en 2015»

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Finance

Le meilleur de la finance africaine en 2015

Salle principale de la bourse du Caire. © Amr Nabil/AP

La finance africaine a connu une année 2015 assez prospère, à rebours des difficultés rencontrées sur les marchés financiers de plusieurs grands pays émergents.

En Chine, 3 000 milliards de dollars ont été perdus à la Bourse de Shanghai et à celle de Shenzhen entre le 12 juin et le 8 juillet du fait de l’effondrement des cours des entreprises cotées. L’indice iShares MSCI Brazil Capped ETF, qui représente jusqu’à 85 % du marché boursier brésilien, est en recul de 40 % sur un an. Le rouble russe est en baisse de 20 % par rapport au dollar américain cette année – après un recul de 40 % en 2014.

A contrario, sur le continent, la très bonne séquence de l’année 2014 s’est, dans une large mesure, poursuivie en 2015.

Dans le domaine du capital-investissement, les fonds mobilisés en Afrique subsaharienne entre janvier et septembre ont atteint 3,3 milliards de dollars, soit moins qu’en 2014, mais mieux qu’entre 2009 et 2013.

Malgré un léger recul au premier semestre, les fusions et acquisitions réalisées dans la région ont connu une claire amélioration sur la majeure partie de l’année écoulée.

De l’assurance à la bourse, en passant par la banque et la percée de la finance islamique, des réalisations de premier plan ont émaillé l’année 2015 en Afrique.

Revue de quelques unes des opérations les plus importantes de l’année écoulée.

Capital-investissement

Bruno Levy-ACF

Frédéric Sicre et Jacob Kholi (Abraaj) recevant le prix Africa CEO Forum du meilleur capital-investisseur. © Bruno Levy-ACF

Abraaj

L’année 2015 a été particulièrement porteuse pour le capital-investisseur Abraaj, basé a Dubaï et spécialisé dans les pays émergents.

Il a annoncé la clôture de deux véhicules dédiés à des actifs économiques africains : en avril, le groupe financier a annoncé le closing final à 990 millions de dollars de Abraaj Africa Fund III, son nouveau fonds pour l’Afrique subsaharienne et le premier levé sous son nom ; en août, c’était au tour du fonds Abraaj North Africa Fund II, dédié à l’Afrique du Nord et clos à 375 millions de dollars.

Helios Investment Partners

Plus tôt dans l’année, Helios Investment Partners, un autre fonds panafricain, a annoncé, début janvier, avoir passé la barre du milliard de dollars pour son fonds Helios Investors III. Lancé en décembre 2013, il a été clos à 1,1 milliard de dollars.

En mars, Development Partners International a annoncé la levée de 725 millions de dollars pour son deuxième fonds panafricain, African Development Partners II (ADP II), soit bien plus que les 500 millions initialement espérés.

Atteints

Au total, selon les données d’Empea, l’association professionnelle du capital-investissement dans les pays émergents, les fonds mobilisés en Afrique subsaharienne entre janvier et septembre ont atteint 3,3 milliards de dollars, soit moins que les 4,4 milliards de dollars mobilisés en 2014, mais mieux que les performances réalisées entre 2009 et 2013

L’année écoulée a également été marquée par une montée en puissance de secteurs tels que la santé et les énergies renouvelables. En février, le capital-investisseur Actis et le groupe d’énergies renouvelables Mainstream, basé à Dublin, ont lancé Lekela Power, une plateforme dédiée au solaire ainsi qu’à l’éolien en Afrique et financée à hauteur de 1,9 milliard d’euros sur trois ans.

Dans le domaine de la santé, Abraaj a créé North Africa Hospital Holdings Group. Une plateforme de gestion d’établissements de santé en Afrique du Nord, dotée d’environ 200 millions de dollars et lancée en partenariat avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Proparco, la filiale d’investissement de l’Agence française de développement (AFD), et l’agence allemande d’aide au développement, DEG.

Enfin, l’attrait pour l’Afrique des géants américains du capital-investissement ne s’est pas démenti. Ainsi, TPG (doté de 75 milliards de dollars d’actifs) s’est associé en juin dernier avec Satya Capital, la société d’investissement fondée par le milliardaire anglo-soudanais, Mo Ibrahim, pour investir un milliard de dollars en Afrique.

Outre ces levées de fonds, ces différents groupes financiers ont participé à de nombreuses acquisitions sur le continent. Découvrez ci-dessous quelques-unes des plus grosses opérations de capital-investissement réalisées en Afrique durant l’année écoulée : 

 

Fusions-acquisitions

 Justin Tallis/AFP

Bouteilles de bière Budweiser, Corona et Beck's du groupe Anheuser-Busch InBev et de bouteilles de Peroni et Bulmers propriétés de SABMiller. © Justin Tallis/AFP

Les opérations de fusions-acquisitions (flux entrants et sortants) impliquant des acteurs subsahariens annoncées entre janvier et septembre 2015, ont atteint 23,4 milliards de dollars, soit une progression de + 12 % sur un an, selon les données de Thomson Reuters, spécialiste mondial de l’information financière (les données 2015 pour les pays d’Afrique du Nord ne sont pas encore consolidées).

Le secteur a connu un net rebond durant la seconde moitié de l’année, après un net recul  au premier semestre, durant lequel les opérations de fusions-acquisitions s’établissaient à 9,2 milliards de dollars selon la société Dealogic (en recul de -23 % sur un an).

Sonangol

Parmi les opérations majeures annoncées durant la seconde moitié de l’année figurent : le rachat par la société nationale angolaise des hydrocarbures, Sonangol, de 40 % des parts de l’américain Cobalt Energy dans l’exploitation de deux blocs du gisement pétrolier de Kwanza Basin (1,75 milliard d’euros) situé sur la côte Atlantique de l’Angola. Une acquisition de 558 millions de dollars a également été annoncée par le fonds sud-africain Investec Property.

AB Inbev et SABMiller

L’opération la plus importante dans ce domaine reste, sans conteste, le rapprochement des deux principaux géants de la bière. Le rachat par le belgo-brésilien AB Inbev (numéro un mondial) de l’anglo-sud-africain SABMiller (leader en Afrique) devrait atteindre 112 milliards d’euros, ce qui en ferait la troisième plus importante acquisition jamais enregistrée tous secteurs confondus, d’après le cabinet Dealogic.

Banque

Eric Piermont/AFP

Akinwumi Adesina est le président de la Banque africaine de développement. © Eric Piermont/AFP

Les Nigérians en force

En 2015, le secteur bancaire africain a été marqué aux couleurs du drapeau nigérian, avec l’installation de trois fils de la première économie africaine à la tête de trois des  plus importantes institutions financières du continent : Akinwumi Adesina à la tête de la Banque africaine de développement, Ade Ayeyemi au poste de directeur général du groupe bancaire panafricain Ecobank et Benedict Oramah à la présidence de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).

Equity Bank

Durant l’année écoulée, le groupe kényan Equity Bank a également impressionné les marchés par son très ambitieux programme d’expansion panafricaine. Après avoir conquis le Kenya puis l’Afrique de l’Est, Equity Bank a indiqué en avril vouloir se développer dans une dizaine de pays africains, d’abord au Burundi, afin de compléter son dispositif régional, puis en Éthiopie et en RD Congo, avant de viser l’Afrique australe (Mozambique, Malawi, Zambie, Zimbabwe) puis l’Afrique occidentale et centrale (Nigeria, Cameroun, Ghana).

Pour mener à bien cette ambitieuse feuille de route, Equity Bank a annoncé la création de 400 millions de nouvelles actions, représentant une valeur d’environ 20 milliards de shillings kényans (près de 200 millions d’euros).

Banque nationale du Canada

2015 a enfin été marquée par la percée du groupe bancaire nord-américain Banque nationale du Canada (BNC) en Afrique subsaharienne. Fin mars, BNC a confirmé, comme l’avait auparavant dévoilé Jeune Afrique en exclusivité, son entrée au tour de table de NSIA aux côtés du capital-investisseur Amethis. À cette occasion, BNC a pris 20,9 % des parts du groupe ouest-africain de bancassurance, contre 5,4% pour Amethis.

L’autre percée africaine de BNC est intervenue en septembre dernier : le groupe canadien a augmenté à 17,5 % sa participation dans le capital d’AfrAsia Bank, devenant ainsi le deuxième actionnaire du groupe bancaire mauricien.

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