Économie

Afrique centrale : ces deux pays qui éclipsent les autres

Le Cameroun et le Gabon restent ultradominants dans la zone. Libreville, qui multiplie les investissements et les réformes, se positionne pour l’avenir.

Mis à jour le 3 octobre 2011 à 01:00

Notre classement des 70 premières entreprises d’Afrique centrale confirme la domination des deux principales économies de la zone, le Cameroun et le Gabon. En 2010, plus de la moitié du chiffre d’affaires des entreprises de la zone a été générée à Douala et dans les autres villes camerounaises. Plus d’un tiers l’a été entre Libreville, Port-Gentil et Moanda, portant à plus de 80 % la part des sociétés de ces deux pays dans les revenus des 70 premières entreprises de la zone.

Le chiffre d’affaires cumulé des 70 premières entreprises d’Afrique centrale atteint 15,6 milliards de dollars.

Certes, l’opacité entourant l’activité d’un grand nombre de firmes opérant en RD Congo, notamment dans les mines, accentue artificiellement ce déséquilibre. Mais la diversification économique et la culture entrepreneuriale du Cameroun d’un côté, le pétrole, le manganèse et le bois gabonais de l’autre, permettent à ces deux pays de conserver leurs leaderships économiques régionaux.

Déclin

Pourtant, la situation camerounaise n’est guère florissante depuis quelques années. Le taux de croissance a décliné jusqu’en 2009, où il a touché un plus-bas de 2 %, avant de remonter en 2010 à 3,2 %, un niveau encore largement insuffisant pour espérer augmenter durablement le niveau de vie de la population. En matière d’or noir, la production reste structurellement sur le déclin, malgré la mise au jour épisodique de nouveaux gisements. L’économie reste donc tirée par les autres activités, mais le secteur privé dans son ensemble continue à freiner ses investissements, du fait d’un climat général des affaires globalement mauvais.
Côté gabonais, la situation semble meilleure. En 2010, le taux de croissance a bondi à 5,7 %, contre – 1,4 % en 2009. Il devrait être compris entre 4 % et 5 % en 2011 et 2012 selon les prévisions des « Perspectives économiques en Afrique ». Plusieurs réformes déjà engagées, ainsi que d’autres projets très avancés, sont encourageants : la construction de 1 000 km de routes bitumées, le développement de la zone économique spéciale de Nkok près de Libreville, l’ambition affichée de devenir l’un des tout premiers producteurs d’huile de palme en Afrique, la construction de 5 000 logements sociaux…

Chine, Singapour, Malaisie…

Le singapourien Olam est devenu un partenaire essentiel dans un grand nombre de projets, marquant le rapprochement initié il y a plusieurs années entre le Gabon et plusieurs pays asiatiques, de la Chine à la Malaisie. Outre sa participation active aux projets de Nkok et d’huile de palme, Olam pilote également, avec l’indien Tata Chemicals, le projet de construction d’un immense complexe de production d’engrais, pour un coût total de 1,3 milliard de dollars.