Société

Hermione Granger, l’amie de Harry Potter, peut-elle être noire ?

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Mis à jour le 22 décembre 2015 à 16h48
L'actrice Noma Dumezweni a été récompensée par un Olivier award en 2006 à Londres.

L'actrice Noma Dumezweni a été récompensée par un Olivier award en 2006 à Londres. © MAX NASH / AP / SIPA

Dans la pièce « Harry Potter et l’enfant maudit », jouée à Londres en 2016, la meilleure amie du sorcier sera incarnée par une comédienne originaire du Swaziland.

Les fans du célébrissime sorcier Harry Potter le savent bien : les méchants de la saga ne détestent rien tant que les « sang de bourbe », c’est-à-dire ceux qui ne sont pas nés de deux parents sorciers, mais d’un métissage entre sorciers et moldus. À sa manière, J. K. Rowling s’est donc déjà prononcée de manière claire contre les tenants de théories raciales pour le moins fétides.

Il n’empêche, l’espace de quelques heures, le web s’est emballé autour d’une question sans nul doute fondamentale : Hermione Granger, la vertueuse mademoiselle je-sais-tout du livre, pouvait-elle être incarnée sur les planches par une comédienne noire ? Ce débat philosophique de haute portée, qui a comme tout débat sur le net donné lieu à des commentaires franchement limite, est né à l’annonce du casting de la pièce de théâtre présentée à Londres en 2016, Harry Potter et l’enfant maudit.

Quand Harry devient roux, quand Ron ne l’est plus et quand Hermione vient du Swaziland…

Ledit casting prévoit un acteur roux pour incarner Harry Potter (Jamie Parker), un acteur qui ne l’est pas pour jouer le rôle de son meilleur ami Ron Weasley (Paul Thornley) et un actrice noire (Noma Dumezweni) dans la peau d’Hermione. Un choix iconoclaste pour une intrigue se déroulant 19 ans après la fin de la saga, achevée selon son auteur avec Harry Potter et les Reliques de la mort

Originaire du Swaziland où elle est née en 1969, Noma Dumezweni a joué dans de fort nombreuses séries télévisées ainsi que dans le film Dirty Pretty Things, de Stephen Frears. Mais personne ou presque ne s’est posé la question de son talent, la plupart des commentateurs préférant mettre l’accent sur sa couleur de peau… Au fond, il est toujours plus simple de rester à la surface des choses…. Coupant court au débat, J.K. Rowling a pour sa part rappelé via Twitter qu’elle n’avait jamais précisé la couleur de peau de son héroïne.

La couleur ou le talent ?

Fréquentes et éphémères, les polémiques de ce genre suscitent périodiquement des commentaires nauséabonds et des prises de positions irréconciliables. Gérard Depardieu, qui n’est pas noir, peut-il incarner Alexandre Dumas ? James Bond, qui a priori n’est pas noir, peut-il être joué par Idris Elba ? Othello, qui est Noir, doit-il être joué par un acteur qui l’est aussi ?

Les intégristes campent sur des idéologies rétrogrades tandis que les tenants de la « discrimination positive » mettent en avant la longue « discrimination négative » dont ont souffert les acteurs noirs et exigent réparation : dès qu’il se peut, un acteur noir doit être favorisé. Quitte à prendre le risque que cette manière de choisir vienne jeter le doute sur les aptitudes réelles du comédien… Dans un métier où il est essentiel de se faire passer pour ce que l’on n’est pas, et avec naturel, peut-être vaudrait-il mieux ne juger les uns et les autres qu’à l’aune de leur talent. Et après avoir vu la pièce ou le film.

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