Elections

Karim Meckassoua : « Pas question de partition, la Centrafrique est une et indivisible »

Abdoul Karim Meckassoua avec Catherine Bokassa, veuvede l'ancien chef de l'État, en 2011.

Abdoul Karim Meckassoua avec Catherine Bokassa, veuvede l'ancien chef de l'État, en 2011. © VINCENT FOURNIER/JA

Karim Meckassoua fut ministre de François Bozizé pendant six ans (et à cinq portefeuilles différents) après avoir dirigé le cabinet de Jean-Paul Ngoupandé, éphémère chef du gouvernement d’Ange-Félix Patassé. Candidat à la présidentielle du 27 décembre, il détaille ses ambitions pour la Centrafrique.

Jeune Afrique : Vous êtes candidat à l’élection présidentielle qui aura lieu le 27 décembre, quels sont vos principaux axes de campagne ?

Karim Meckassoua : Mes deux principaux projets sont de réconcilier les Centrafricains et de développer la RCA. Je m’y engage autour de trois axes principaux : la gouvernance sécuritaire ; la gouvernance politique, administrative et diplomatique ; le développement économique, financier, social et universitaire.

Comment faire pour que l’armée nationale soit représentative de l’ensemble des composantes de la nation centrafricaine ?

Je soumettrai au Parlement une loi de programmation militaire pour les dix années à venir dont les principaux axes seront : la promotion d’une armée de garnisons, de développement et de protection de nos frontières avec un effectif conséquent ; le renforcement de la capacité d’action de la gendarmerie et de la police ; une dotation en équipements modernes ; le paiement régulier des primes ou encore le vote d’une loi réglementant le travail des entreprises privées de sécurité.

Je ferai de la question de la force publique, un objet de grand débat parlementaire sur les mandats que nous entendons donner aux différentes composantes de notre appareil de sécurité, en l’occurrence la police, la gendarmerie et l’armée. Je ferai des FACA, une armée de développement.

Le DDR (Désarmement, démobilisation et réinsertion) peut-il enfin fonctionner en RCA ?

L’objectif doit être la réintégration sociale des ex-combattants et la pacification du pays avec un plan de consolidation de la paix soutenu par les partenaires qui doit fournir aux communautés locales les moyens de réinsérer les anciens combattants. De leur assurer la promesse d’un avenir comme civils au sein d’une collectivité apaisée.

Comment mettre fin à l’ostracisation du Nord et du Nord-Est ?

Le nord de la RCA trouvera en ce que je viens d’énumérer plus haut la solution à ces différentes préoccupations. Il ne sera jamais question d’une partition du pays car la Centrafrique est une et indivisible.

Noureddine Adam est un criminel, sa place est devant les institutions judiciaires

Noureddine Adam doit-il être arrêté et jugé ?

Noureddine Adam est un criminel, sa place est devant les institutions judiciaires. Je m’engage à instaurer une justice équitable pour tous et à lutter contre  l’impunité. C’est cette impunité qui a conduit la RCA dans cette spirale de violences. Si la Cour pénale spéciale a été créée par la loi initiée par le gouvernement de transition et votée par le Parlement, c’est en raison de la faiblesse de l’État centrafricain. C’est pour cela, que je demanderai à toutes les entités finançant cette Cour spéciale d’octroyer une partie de ce financement à la reconstruction d’un système judiciaire et pénal centrafricain transparent et responsable.

François Bozizé peut-il rentrer à Bangui ?

Tout le monde doit pouvoir rentrer à Bangui. Si Bozizé a un contentieux avec la justice, c’est à la justice de trancher, pas  à moi, homme politique. Cependant, il faut prendre en compte les risques de troubles que son retour pourrait causer.

La présidente de transition Catherine Samba-Panza a-t-elle réussi sa mission ?

C’est une question importante et délicate. La transition devait durer un an, cela fera deux ans que Samba-Panza a été élue. Elle a donc échoué. Le Burkina a réussi sa transition, pas la Centrafrique.

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